Coronavirus : les chaleurs du printemps éteindront-elles l'épidémie ?

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Coronavirus : la pandémie qui inquiète la planète

INTERVIEW – Alors que le nombre de cas de coronavirus ne cesse d’augmenter en France, l’arrivée des beaux jours peut-elle vraiment contribuer à endiguer l’épidémie ? L'éclairage d'un chercheur du CNRS.

Si la France n’en est pas encore au stade 3, le coronavirus s’installe pourtant dans tout le pays. Selon les derniers chiffres officiels, 1.606 cas sont confirmés dans l’Hexagone, et 30 personnes sont décédées. Pour l’heure, difficile de prévoir quand et comment l’épidémie va s’arrêter, mais ce n’est vraisemblablement pas pour tout de suite. "Nous sommes au tout début", a d’ailleurs affirmé le président de la République ce mardi, lors d’une visite au Samu.

Cependant, l’arrivée prochaine du printemps et de températures plus élevées peut-elle contribuer à endiguer la propagation et diminuer le nombre de cas ? Où en est le virus dans les pays où il fait plus chaud ? La météo peut-elle suffire à ralentir l’épidémie ? LCI a posé ces questions à Etienne Decroly, directeur de recherche au CNRS.

LCI : Peut-on espérer que l’épidémie de coronavirus s’éteigne à l’arrivée des beaux jours ?

Etienne Decroly : Oui, c’est une hypothèse. Cette famille de virus est saisonnière et donc sensible aux conditions climatiques. Lorsqu’il fait chaud et sec, cela induit la déshydratation des particules virales, ce qui diminue l’infectiosité du virus. Actuellement, quand nous regardons la carte des contaminations, nous voyons bien qu’il y a plus de cas dans l’hémisphère nord que dans le sud, là où il fait plus chaud. Un effet climatique joue probablement un rôle dans la propagation du virus.

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Vous parlez du peu de cas dans l’hémisphère sud. Est-ce grâce à la chaleur ?

Il ne faut pas faire de mauvaises interprétations. En Afrique par exemple, nous nous étonnions qu’il n’y ait pas énormément de cas. La question est de savoir si c’est parce que la détection du virus n'y est pas assez efficace, ou parce que l’épidémie n’est réellement pas en train de s'y propager.

Si ce n’est pas la météo, quelles sont les autres explications possibles ?

Récemment, des épidémiologistes ont réalisé des études montrant que la propagation réduite du virus en Afrique pourrait en partie résulter du fait que la pyramide des âges y est complètement différente de celle en Occident. En effet, en Afrique, les populations à plus haut risque d’être infectées sont en plus faible proportion. Mais l’effet saisonnier joue peut-être aussi un rôle.

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VIDÉO LCI PLAY - #AskDrKierzek, le coronavirus

La propagation du coronavirus en Australie va nous donner des indications sur l'effet saisonnier de l'épidémie- Etienne Decroly, directeur de recherche au CNRS

Comment en être certain ?

Il faut essayer de comparer la propagation de l’épidémie dans des pays de l’hémisphère sud avec des pyramides des âges et des systèmes de santé comparables aux nôtres. C’est notamment le cas de l’Australie, où il y a quelques cas de Covid-19. Dans les jours qui viennent, il sera très intéressant d’observer dans quelle mesure l’épidémie se propage dans ce pays. Cela va nous donner des indications précises et mesurables sur l’effet saisonnier de l’épidémie. Ceci étant, le climat australien n’est pas tout à fait celui que nous connaîtrons en France dans les prochaines semaines, mais plutôt dans les prochains mois.

La météo est-elle le seul facteur qui permettra d'endiguer l’épidémie ?

Non. Nous ne pouvons pas attendre l’avènement du printemps ou de l’été pour lutter contre le Covid-19. Il faudra des mesures sanitaires, incluant le confinement des malades. La détection des patients infectés est donc la clé pour bloquer les chaînes de transmission. C’est l’ensemble des mesures qui vont permettre de lutter efficacement contre ce virus.

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