La rougeole fait son retour en force, la défiance face aux vaccins pointée du doigt

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SANTÉ - Depuis le mois de janvier dernier, une épidémie record de rougeole s'abat sur la France et l'Europe. Invité de LCI ce mercredi, le médecin généraliste Frédéric Benaïm a livré les bons réflexes à adopter en cas de contamination et regretté la défiance française vis-à-vis des obligations vaccinales.

La rougeole fait un retour en force en Europe depuis plusieurs mois. Entre janvier et juin 2018, 41.000 enfants et adultes ont été touchés par cette épidémie virale potentiellement mortelle et au moins 37 Européens  y ont succombé. En France, ce sont 2741 cas qui ont été recensés depuis novembre 2017, pour trois décès, selon l'Organisation mondiale de la santé.


Afin d'être le plus averti possible sur cette épidémie, le médecin généraliste Frédéric Benaïm était l'invité de LCI ce mercredi. "La rougeole est une maladie contagieuse qui se transmet extrêmement facilement", a t-il indiqué. La transmission peut se faire par "la salive" ou en éternuant, précise-t-il. En revanche, il n'y a pas de "symptômes spécifiques à la rougeole", ces derniers peuvent être protéiformes, a affirmé le médecin. 

Con-sul-tez

En cas de maladie, la première des choses à faire est de "consulter le médecin généraliste qui va être à même de faire un diagnostic différentiel entre rhinopharyngite banale et rougeole", a soutenu Frédéric Benaïm. Par la même occasion, cela permet de "désengorger" les urgences, a-t-il prévenu.

D'après l'OMS,  le seul moyen efficace pour se prémunir contre la rougeole est la vaccination préventive qui existe depuis 1968. La vaccination de la population avait déjà permis de passer de 300.000 cas de rougeole par an en 1985 à 10.000 en 2000. Le bulletin épidémiologique de Santé publique France, paru le 1er août, faisait état de 88% de cas de personnes non vaccinées parmi les personnes touchées par la maladie. D'où l'action gouvernementale visant à renforcer la couverture vaccinale, dont le trio rougeole-oreillons-rubéole, rendu obligatoire pour les enfants nés après le 1er janvier 2018. 


Frédéric Benaïm, partage d'ailleurs "complètement" l'inquiétude de l'OMS face au recul de la couverture vaccinale sur le territoire : "On est des mauvais élèves, le vilain petit canard. On a eu une défiance vis-à-vis des vaccins, en particulier celui de la rougeole." Et de souligner également le fait que la population se trouve parfois insuffisamment protégée du fait de l'oubli des rappels. "Cette polémique autour des vaccins n'a pas lieu d'être. Si on peut se protéger de quelque chose qui peut avoir des effets secondaires et aller jusqu'au décès, pourquoi pas ?"

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