Le cannabis thérapeutique va être autorisé au Royaume-Uni : de quoi parle-t-on ?

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SANTÉ – Alors que de nombreuses études vantent ses bienfaits, le gouvernement britannique annonce ce jeudi qu'il va autoriser le cannabis à usage thérapeutique.

Le Royaume-Uni va sauter le pas. Le ministre britannique de l'Intérieur Sajid Javid a annoncé ce jeudi que son pays allait autoriser le cannabis thérapeutique sur prescription à partir de l'automne prochain. "Cela aidera les patients avec des besoins médicaux spécifiques mais cela ne constitue en aucun cas un premier pas vers la légalisation du cannabis à usage récréatif", a souligné le ministre dans un communiqué.


Et en France, une décision similaire pourrait-elle être prise ? S’il est encore bien trop tôt pour le dire, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, s’était en tout cas déclarée, fin mai, favorable à la recherche et au développement du cannabis médical. 

Des dizaines pays dans le monde ont déjà pris pareille mesure. Depuis plusieurs années, de nombreuses recherches ont permis de démontrer, pour certaines maladies, les bienfaits de son utilisation. L’an dernier, l’Académie américaine des sciences avait d’ailleurs expertisé dans un vaste rapport plus de 10.000 études sur le sujet afin de faire le point sur l’état des connaissances et déterminer les zones grises sur lesquelles il faut faire davantage de recherches. 

Efficace pour réduire les douleurs chroniques

Ce rapport affirmait alors que la prise par voie orale de cannabinoïdes, pendant de courtes périodes, est efficace pour réduire les douleurs chroniques chez les adultes atteints de sclérose en plaques ou de fibromyalgie. Ces substances sont également mises en avant pour lutter contre les nausées et les vomissements provoqués par la chimiothérapie.


Si l’usage de cannabis thérapeutique peut ainsi améliorer la santé de certains malades, il n’a pas que des bons côtés. Comme tous les médicaments, il comporte son lot d’effets secondaires. Certaines études laissent penser que le cannabis pourrait provoquer des troubles de l'anxiété voire une schizophrénie. D’où l’intérêt de mener davantage de recherches pour déterminer quels cannabinoïdes (il en existe des dizaines) sont à la fois les plus efficaces et les moins nocifs.

Le CBD moins nocif que le THC

Les deux plus connus sont le THC (tétrahydrocannabinol) et le CBD (cannabidiol). Si leurs vertus tranquillisantes sont bien connues, le second a l’avantage de ne pas modifier la concentration et l’humeur. Toutes deux sont d’ailleurs présentes dans le Sativex, le seul produit à base de cannabinoïdes autorisé à être vendu en France. Sauf qu’en raison d’un contentieux sur son prix, il n’est toujours pas commercialisé. S’il a pu obtenir en 2014 une autorisation provisoire de mise sur le marché, c’est en raison de sa très faible concentration en THC qui, selon son fabricant GW Pharmaceuticals, ne permet pas un usage récréatif.


Compte tenu de ses propriétés non euphorisantes, c’est surtout vers le CBD que la recherche se concentre. Outre ses vertus antalgiques, cette molécule limite également les crises d’épilepsie sévères chez les enfants et les adolescents. Certaines études ont aussi testé son utilité dans le traitement de la maladie de Parkinson et d’Alzheimer. Mais toutes ces recherches doivent encore être consolidées, notamment pour déterminer avec certitude le risque éventuel d’addiction. 

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