Le CHU de Nîmes cache-t-il les morts liés au Covid-19 ? Retour aux origines d'une fausse rumeur

Ce document n'avait pas vocation à être communiqué à l'extérieur du CHU.
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À LA LOUPE – Une note interne de la direction du CHU aux équipe de soignants demande de ne pas évoquer à l'extérieur de l'établissement les décès liés aux coronavirus. Gare aux théories du complot : le nombre de morts n'est pas caché, les informations sont simplement centralisées.

À l'heure actuelle, il est difficile de disposer de données totalement fiables concernant le nombre de victimes du Covid-19 en France. Seules les personnes décédées à l'hôpital ont effet été décomptées jusqu'à présent, ce qui laisse supposer que davantage de morts sont à craindre dans le bilan de l'épidémie. 

Les autorités et le monde médical fait-il preuve de transparence ? Des internautes en doutent, certains n'hésitant pas à parler d'une forme de censure. Ils s'appuient notamment sur la photo d'un note interne, envoyée par la direction du CHU de Nîmes à ses équipes de soignants. Le document, dont LCI a pu vérifier l'authenticité, demande en effet de ne pas communiquer sur un décès lié au Covid-19 à l'extérieur de l'établissement. 

"On veut déjà tout camoufler, tout falsifier", lance très remonté un homme en réponse à cette image. Des accusations qui sont remontées jusqu'à la direction du CHU. "D'ordinaire, nous ne prêtons pas trop attention aux théories du complot qui fleurissent", admet un porte-parole de l'établissement, "mais nous avons estimé que cette fois, il fallait réagir et nous exprimer."

Secret médical et respect des familles

Devant les nombreux partages de cette note et les réactions d'incompréhension qu'elle a suscitées, le CHU a communiqué via sa page Facebook. Dans une publication détaillée, elle donne sa réponse " aux hurluberlus qui déversent leur médisance et leur haine". Pourquoi une telle consigne a-t-elle été transmise en interne ? La direction l'explique : "Suite au triste décès d’un de nos patients hospitalisés dans le cadre de la crise sanitaire internationale actuelle, des informations personnelles et nominatives sur cette personne ont malheureusement été diffusées à la presse et sur les réseaux, et ce avant même que la Direction de l’établissement ne soit informée de ce décès, et pire encore, que la famille du défunt ne soit contactée."

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Le CHU reconnaît que la note, très succincte, aurait pu être mieux rédigée. Sans doute aurait-elle gagné à être un peu plus détaillée, et préciser davantage les raisons de cette demande. Pour autant, il ne s'agissait là que de consignes prises dans le respect de l'éthique. "Transmettre des informations sur un patient décédé caractérise une violation manifeste de ce secret médical, c’est un acte irrespectueux de toute éthique et inqualifiable. Par ailleurs, le Ministère des Solidarités et de la Santé a donné des consignes strictes sur ces communications. Elles sont réalisées quotidiennement au niveau national en fin de journée."

À aucun moment, le nombre de victimes n'a donc été dissimulé, mais il est important pour le CHU de garantir que des informations ne circulent pas sans un minimum de contrôle. Il s'agit d'ailleurs souvent d'une forme de respect pour les familles, confrontées à cette épreuve. "Dans ces périodes de crises, plus encore aujourd’hui qu’hier, les patients et leurs familles ont droit au respect de leur vie privée, de leur intimité ; c’est le secret médical qui doit être le garant de ce respect. Apprendre par voie de presse ou par des réseaux sociaux le décès d’un proche n’est pas admissible."

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