Le coronavirus s'attrape-t-il désormais à l'hôpital ?

De nombreux soignants s'inquiètent depuis la mi-janvier des contaminations au coronavirus qui ont lieu au sein des établissements de santé. Un phénomène à relativiser.

PROPAGATION - De nombreux soignants s'inquiètent depuis la mi-janvier des contaminations au coronavirus qui ont lieu au sein des établissements de santé. Un phénomène à relativiser.

Si on ne s'infecte plus ni au cinéma, ni dans les bars, se pourrait-il que l'on se contamine à l'hôpital ? C'est l'alerte partagée par certains membres du personnel soignant en ce début d'année, après que deux clusters intra-hospitaliers ont fait l'actualité. Dans le centre hospitalier de Compiègne-Noyon, mais aussi en Mayenne, où quelque 170 agents et intervenants extérieurs sont tombés malades, puis dans le Pas-de-Calais, où un foyer épidémique a été déclaré. Le coronavirus serait-il donc "devenu une maladie nosocomiale", comme s'en inquiète un salarié du Centre Hospitalier du Nord Mayenne?

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1262 cas pour 300.000 patients

La presse tire la sonnette d'alarme depuis la mi-janvier, date à laquelle on découvre qu'au sein du centre hospitalier de Compiègne-Noyon, 172 patients ont été infectés par le coronavirus. Une situation dans les hôpitaux qui inquiète. Dix jours plus tard dans les pages du Monde, des travailleurs en blouse blanche alertent sur ces contaminations "nosocomiales". Un terme qui désigne les contaminations contractées au cours d'un séjour dans un établissement de santé. Parmi les personnes interrogées, le neurologue Patrick Le Coz. Pour lui, cela ne fait aucun doute : "Les clusters intra-hospitaliers sont un peu la nouveauté de cette saison 3."

Si l'émotion dans les rangs est palpable, notamment face à l'arrivée du variant, elle ne se retrouve pas dans les chiffres des autorités sanitaires. Selon les données de l'Assistance Publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP) arrêtées au 5 février, il n'y a eu que "1262 cas de contamination de patients à caractère potentiellement nosocomial" depuis juillet. Une goutte d'eau sur les 300.000 patients pris en charge sur la même période par ce CHU, le plus grand d'Europe. Idem chez les personnels soignants chez qui la direction assure avoir identifié 11.900 cas d'infection au Covid-19 parmi leur personnel, "soit environ 12%". Des taux "relativement comparables" à ceux que l'on trouve dans "les différentes catégories professionnelles", selon les précisions de l'infectiologue Sandra Fournier lors d'une conférence de presse. L'institut Pasteur estimait en mai dernier 10% de la population francilienne a déjà été contaminée. 

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Idem au niveau national. Santé publique France a bien relevé dans son dernier point épidémiologique que "depuis la fin décembre, une nouvelle reprise des signalements de cas groupés de COVID-19 nosocomiaux est observée". Seulement, comme le montre le graphique ci-dessous, cette "reprise" est encore très en deçà de ce qu'on pouvait observer lors de la deuxième vague de Covid-19, à l'automne dernier.  De plus, contrairement aux idées reçues, ce sont majoritairement les patients qui sont la source de l'infection à l'hôpital. Sur les quelques cas pour lesquels la cause de l'infection est connue, le malade est à l'origine de la moitié (56%) d'entre eux. Suivis d'un professionnel (35%) et, finalement peu d'un visiteur ou de la famille (7%). 

Si le nombre de cas est important pour des services hospitaliers déjà en manque de personnel, le phénomène reste donc assez marginal comparé à l'ampleur de l'épidémie en France. Ainsi, entre le 1er janvier 2020 et le 31 janvier 2021, les 3312 signalements de Covid-19 nosocomiaux n'ont impliqué "que" 39.085 cas. Pour donner un ordre d'idée, la semaine dernière dans les établissements scolaires, il y a eu près de 15.000 cas de coronavirus enregistrés par l'Éducation nationale

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