Le flair des chiens, une arme contre le cancer de la prostate

Santé

SANTE - Une équipe de chercheurs italiens assure que des chiens entraînés seraient capables de détecter avec une très grande précision un cancer de la prostate : leur odorat très développé permet de flairer des cellules cancéreuses présentes dans l'urine des patients.

Avec leurs 200 millions de cellules olfactives, contre cinq millions pour les hommes, les chiens possèdent sans conteste un odorat beaucoup plus développé. Tellement développé qu'il pourrait même servir à "renifler" des tumeurs. Lors du congrès annuel de l'Association américaine d'urologie, des chercheurs italiens ont présenté une étude révélant le don incroyable de deux chiennes : après avoir été spécialement formées, elles sont maintenant capables de sentir des composés organiques volatils (COV) libérés dans l'urine de patients atteints de tumeurs de la prostate.

Avec un très fort taux d'exactitude, cette technique ouvre une nouvelle perspective de détection de ce type de cancer à un stade précoce. "Pendant des années, les forces de l'ordre et les militaires ont utilisé des chiens pour les aider à localiser des bombes et des drogues. Il n'est donc pas surprenant que leur odorat complexe suscite également l'intérêt du monde médical, explique l'étude. Ces derniers temps, de nouvelles découvertes ont vu le jour pour indiquer que les chiens sont capables de détecter l'apparition de crises d'épilepsie, ainsi que des tumeurs malignes du sein et du poumon".

Encore impossible il y dix ans

En 2010, une étude française révélait déjà qu'un chien avait réussi à flairer un cancer de la prostate, mais seulement 33 patients y avaient participé. Cette fois, les chercheurs ont voulu tester cette capacité dans une cohorte plus grande. Ils ont fait appel à 677 participants, divisés en deux groupes : un groupe de personnes atteintes d'un cancer de la prostate et un groupe témoin "sain". Le groupe "prostate" incluait des patients touchés par des tumeurs à divers stades de progression. Les deux chiens ont détecté les échantillons d'urine positifs à ce cancer avec une précision de 98 %.

"Ces données montrent que l’analyse de composés organiques volatils dans les urines est une approche prometteuse dans la détection de cancers, explique le principal auteur de l'étude, le Dr Brian Stork. La possibilité d'utiliser des chiens pour identifier un cancer, c’est quelque chose que l'on n’aurait jamais cru possible il y a une décennie. Que le "meilleur ami de l’homme" puisse nous sauver la vie est un concept intéressant." Si cette méthode est un jour approuvée comme examen de dépistage, elle pourrait épargner à bien des patients l'examen actuel, très désagréable, qu'est le toucher rectal.

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