Le Gardasil de nouveau critiqué

Le Gardasil de nouveau critiqué

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SANTE - Une pétition signée par plus de 500 médecins réclame qu'une mission parlementaire se penche sur le Gardasil. Ce vaccin utilisé en prévention du cancer du col de l'utérus est critiqué pour son efficacité relative, ses conséquences inconnues sur les patientes et son prix exorbitant.

Après la fronde de patientes, voici celle des médecins. Comme l’annonce Le Journal du dimanche , plus de 500 médecins viennent de signer une pétition contre le Gardasil, réclamant "une mission parlementaire sur l’opportunité de cette vaccination de masse". Petit dernier dans la famille des vaccins, le Gardasil est proposé aux femmes en guise de prévention contre différents types de virus de la famille des papillomavirus humain (HPV), susceptibles de provoquer le cancer du col de l'utérus.

Inefficace et trop cher, voilà ce que lui reprochent les signataires, composés de médecins, sages-femmes, pharmaciens ou encore des personnalités comme la pneumologue Irène Frachon. En février 2014, l'association de médecins Med'Océan, à l'origine de la pétition avait déjà envoyé une lettre ouverte à François Hollande. "La précipitation qui a entouré la mise sur le marché du vaccin Gardasil, avant même que l’analyse des études ne soit terminée, nous a laissés perplexes, et nous laisse encore perplexes", écrit-elle.

"Un sentiment de protection illusoire"

Depuis sa commercialisation, certains médecins remettent en cause l'innocuité et l'efficacité du Gardasil. Un argument phare de l'association Med'Océan qui s'appuie sur l'avis du Haut Conseil de Santé Publique. Ce dernier estime à moins de 20 % son efficacité "tout virus HPV confondus chez les 16-23 ans." "On risque pourtant de se lancer dans une expérimentation à grande échelle, ce qui pose un problème éthique majeur, des effets secondaires graves, même peu nombreux, n’étant pas exclus", ajoute-t-elle.

Autre critique, celle du prix. Une dose de Gardasil coûte 123 euros et le vaccin doit être administré en 3 injections, une dépense extrêmement lourde pour l’Assurance Maladie. Pour d'autres médecins, le danger principal réside dans son impact sur la prévention de la maladie. "Il a été montré qu’une majorité de femmes pensent que le frottis devient inutile après vaccination, conséquence d’un sentiment de protection qui se révèle illusoire puisque ce vaccin s’annonce beaucoup moins efficace que prévu", explique à ce sujet Med'Océan.

Le gouvernement veut doubler les vaccinations

La pétition en revanche n'évoque pas le cas de Marie Océane Bourguignon et des autres femmes accusant le Gardasil d'avoir provoqué chez elles de graves maladies, dont la sclérose en plaques, dans les semaines et les mois qui ont suivi la vaccination. En tout, neuf victimes de ses effets néfastes présumés ont déposé plainte contre X en décembre 2013 pour "atteinte involontaire à l'intégrité physique et tromperie aggravée" au tribunal de Bobigny (Seine-Saint-Denis).

Interrogé par le JDD, le groupe Sanofi Pasteur MSD, qui commercialise le vaccin en Europe, répond qu’il "ne souhaite pas se prononcer sur une pétition stigmatisant Gardasil". Toutes ces critiques du corps médical vont de pair avec une méfiance générale des Français puisqu’une étude réalisée par l'Institut de veille sanitaire (InVS) a révélé que moins d'un tiers des adolescentes sont protégées contre le papillomavirus humain. Face à ce chiffre, François Hollande a annoncé son objectif de doubler, dans les cinq ans, le taux de couverture vaccinale.
 

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