Le gouvernement va généraliser le dossier médical partagé : de quoi parle-t-on ?

DÉMATÉRIALISATION - Le gouvernement inscrira la généralisation du dossier médical partagé (DMP), déjà expérimenté depuis un an dans neuf départements, dans sa réforme du système de santé. Le dispositif sera déployé à partir de la fin de l'année. L'occasion de revenir sur cet outil censé améliorer la prévention tout en réduisant les coûts.

Le "carnet de santé numérique" remplacera bientôt notre bon vieux carnet de papier écorné par le temps. Le Premier ministre Edouard Philippe et la ministre de la Santé Agnès Buzyn ont confirmé mardi que la généralisation du "dossier médical partagé" (DMP) serait inscrite parmi les mesures pour "transformer le système de santé", dont la feuille de route sera détaillée cet été. 


Déjà expérimenté depuis un an dans neuf départements pilotes, dont la Haute-Garonne et les Côtes d'Armor, où 32.000 dossiers ont été ouverts, le DMP, facultatif, devrait être ainsi généralisé à partir de la fin de l'année 2018. Dans ces territoires, les assurés peuvent déjà, munis de leur carte vitale, créer rapidement (et gratuitement) leur dossier, en ligne, auprès de la CPAM ou d'un professionnel de santé. 

Outil de partage et d'alerte

Le "carnet de santé numérique", à l'image du carnet traditionnel, comprend ainsi toutes les informations relatives à l'état de santé du patient, et peut être partagé avec l'ensemble des soignants intervenant dans son parcours de soins. Il est confidentiel, son accès est sécurisé, et il peut être fermé à la demande du patient. 


Il mentionne donc les antécédents éventuels, les allergies possibles, les médicaments utilisés, les comptes rendus d'hospitalisation et de consultation ainsi que les résultats d'examens. Un gain de temps pour les soignants réguliers, mais aussi en cas d'urgence, selon ses promoteurs. Le patient, de son côté, peut aussi paramétrer une alerte email ou par SMS afin de bénéficier d'un rappel en cas de vaccination.

Enjeu financier

Dans son rapport public annuel 2018 publié la semaine dernière, la Cour des comptes a rappelé "l'attentisme coûteux" de la France en la matière. Une première mouture du DMP avait été suspendue en 2012, seuls 158.000 dossiers ayant été créés dans cette première phase pour un investissement de 210 millions d'euros. Interrompu entre 2012 et 2017, le système a coûté, pour son seul "maintien en conditions opérationnelles", 35 millions d'euros aux finances publiques. 


La nouvelle version expérimentales, relancée au 1er janvier 2017 en association plus étroitement les professionnels de santé au sein des neuf départements, a connu plus de succès, selon la Cour des comptes, avec "environ 10.000 dossiers créés chaque semaine" dans les neuf départements d'expérimentation. 


Un bémol toutefois : malgré la hausse du nombre de dossiers créés, la consultation des documents par les professionnels de santé "reste stable". "Cette stagnation", conclut la Cour des comptes, "met en évidence le fait que l'entrée du DMP dans les usages des professionnels de santé reste le principal enjeu". 

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