Le Limousin, région la plus déprimée de France

Le Limousin, région la plus déprimée de France

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SANTE - Une étude menée par la société IMS Health vient de révéler les régions de France métropolitaine où la consommation d'antidépresseurs est la plus élevée. Cette carte indique que les territoires à dominante rurale sont les plus touchés, notamment en raison du nombre de personnes âgées.

Après les régions avec le plus fort taux d'obésité , voici celles avec la plus forte consommation d'antidépresseurs. L'entreprise de conseil dans le secteur pharmaceutique IMS Health vient d'établir ce classement , qui met fin à pas mal d'idées reçues. Car la vie citadine ne semble pas plus difficile à vivre que celle de la campagne. Au contraire, le Limousin et l'Auvergne, des régions à prépondérance rurale, arrivent à la première place avec 9,95 et 7,89 doses journalières d'antidépresseurs par habitant.

En troisième et quatrième places arrivent le Poitou-Charentes et la Bourgogne. A l'inverse, trois régions dominées par des "pôles urbains", - l'Ile-de-France, la Lorraine et l'Alsace - sont les mieux loties. En recoupant les données avec les observations de l’Insee, trois facteurs sociaux apparaissent comme les plus susceptibles de provoquer cette maladie : le handicap, la solitude et surtout la vieillesse. En Poitou-Charentes par exemple, 21,1 % de la population a plus de 65 ans, contre un taux national de 20 %.

Les parents beaucoup moins touchés

Quant au Limousin, un document de l'Insee datant de 2002, la qualifie de "région la plus âgée du pays" : 28 % des habitants ont plus de 60 ans. "Le Limousin se distingue surtout par une forte proportion de plus de 75 ans : on en recense ainsi 11,6 % dans cette région tandis qu’aucune autre n’atteint les 10 %", précise l'Insee. Dans un autre document datant de 2009, il est écrit que 14 % de la population en Auvergne et Limousin déclarent avoir "au moins une limitation fonctionnelle".

Alors quel est le meilleur antidépresseur ? Les enfants. Les personnes les moins "déprimées" sont les parents, peu importe le niveau économique et la structure de la famille. Et contrairement à ce que l'on pourrait croire, les chômeurs, les bénéficiaires du RSA et les familles monoparentales ne sont pas des plus gros consommateurs que la moyenne. Pour établir ce classement, IMS Health s'est basé sur des données datant de l'année dernière et provenant de 14 000 pharmacies ainsi que 1 000 cliniques et hôpitaux.

Paris, un cas à part

Cette méthode a permis de constater que seule la capitale ne fait pas exception aux clichés. Il suffit de regarder de plus près les résultats des départements de la région Ile-de-France, qui regroupe un cinquième de la population métropolitaine : les Parisiens consomment beaucoup plus d'antidépresseurs que la moyenne nationale, loin devant les habitants du Val-d'Oise ou de Seine-Saint-Denis. Sûrement parce que la ville compte "le plus fort taux de France de célibataires, et le plus faible de couples avec enfant", selon l'IMS.

La dépression se qualifie par "une humeur triste ou une perte d'intérêt et de plaisir pour une durée de plus de deux semaines", explique l'Inserm. L'incidence (nombre de nouveaux cas par an rapporté à la population totale) est de 2-3 % chez les hommes et de 5-10 % chez les femmes. La prise en charge médicale repose sur une psychothérapie, accompagnée d'un traitement médicamenteux (Prozac, Valdoxan). Encore aujourd'hui, elle représente 30 % à 60 % des causes de suicides.

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