Le mystérieux virus qui a déjà fait six morts pourrait avoir été transmis par une chauve-souris

Virus en Chine : que sait-on de la maladie ?
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Coronavirus : l'épidémie meurtrière qui inquiète la planète

SOUS HAUTE SURVEILLANCE - L’épidémie de pneumonie provoquée en Chine par un nouveau virus proche de celui du Sras a fait au moins six morts. Les cas de contamination se comptent par centaines dans plusieurs pays d'Asie. LCI fait le point.

L'alerte est désormais "maximale" dans l'ensemble de l'Asie mais aussi dans plusieurs aéroports internationaux. L'épidémie de pneumonie apparue le mois dernier dans un marché de poissons de Wuhan, dans le centre de la Chine, suscite des inquiétudes croissantes après l'augmentation significative du nombre de cas signalés, les autorités du pays annonçant ce mardi trois victimes en plus des trois décès déjà confirmés. Actuellement, le virus poursuit sa route en direction du nord et du sud du pays et a même franchi ses frontières.

Que sait-on de ce virus proche de celui, hautement contagieux, qui avait provoqué en 2002-2003 l'épidémie de  Sras (Syndrome respiratoire aigu sévère), responsable de 774 morts dans le monde, dont environ 650 en Chine continentale et à Hong Kong ? Comment voyage-t-il ? Se prépare-t-on déjà à son arrivée en France ? LCI fait le point sur la situation.

La contamination : la piste d'une chauve-souris ?

La souche incriminée est un nouveau type de coronavirus (MERS‐CoV), une famille comptant un grand nombre de virus. Ceux-ci peuvent provoquer des maladies bénignes chez l'homme (comme un rhume) mais aussi d'autres plus graves comme le Sras. Les symptômes du Sras ressemblent à ceux d'une pneumonie, avec une forte fièvre et divers problèmes respiratoires.

"Pour le moment, ce que nous savons, c’est qu’il est pratiquement évident que le virus vient d’une source animale", expliquait la semaine dernière à LCI Jean-Claude Manuguerra, responsable de la cellule d’intervention biologique d’urgence à l’Institut Pasteur. Les investigations ont, depuis, permis de  resserrer  les hypothèses : parmi les animaux suspectés d'être à l'origine de la transmission du virus figure la chauve-souris. C’est "une des possibilités évoquées, on en trouve beaucoup sur les marchés chinois", indique ainsi LCI Christophe Batejat, responsable adjoint de la Cellule d'Intervention Biologique d'Urgence  à l’Institut Pasteur. qui exclut en revanche que la contamination vienne de poissons.

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Où et combien de cas recensés jusqu'ici ?

Les autorités sanitaires chinoises ont signalé lundi 20 janvier de nouveaux cas en dehors de la métropole de Wuhan : deux à Pékin et un autre à Shenzhen, la grande ville de l'extrême sud qui fait face à Hong Kong. Point commun à ces nouveaux cas, toutes les personnes contaminées s'étaient rendues à Wuhan ces dernières semaines. Pour l'heure, un total de 291 cas ont été confirmés et 922 patients sont en observation, a annoncé mardi la Commission nationale de la Santé.

Hors des frontières du pays, le virus a été détecté à Séoul, en Corée du Sud, chez une Chinoise de 35 ans placée en quarantaine après son arrivée dimanche par avion depuis Wuhan. Les autorités sanitaires sud-coréennes ont révélé qu'elle avait consulté samedi à l'hôpital de cette métropole de 11 millions d'habitants en raison d'un rhume. On lui avait prescrit des médicaments avant qu'elle ne s'envole pour l'aéroport de Séoul, où ses symptômes ont été détectés. En fin de semaine dernière, trois autres cas avaient été confirmés à l'étranger, dont deux en Thaïlande et un au Japon. Les autorités philippines cherchent par ailleurs ce mardi à déterminer la pathologie dont souffre un enfant de cinq ans récemment arrivé de Chine, et en Australie, un homme rentrant de Chine et présentant les symptômes du mystérieux virus a été placé à l'isolement à son domicile.

Le week-end dernier, une équipe de scientifiques de l'Imperial College à Londres a mis en doute les chiffres officiels, estimant, sur la base d'estimations statistiques, que le nombre de contaminations dépassait probablement le millier au 12 janvier. 

Comment se propage-t-il ?

 Les virus n'ont pas de frontières et celui-ci ne fait évidemment pas exception. Lundi,  un expert gouvernemental chinois a reconnu, pour la première fois, que le virus pouvait être transmissible entre humains. "Comme nous, il prend l'avion", relève auprès de LCI Christophe Batéjat, responsable adjoint de la cellule d'intervention biologique d'urgence à l'Institut Pasteur. "Des contrôles sont menés dans les aéroports, avec des caméras thermiques ou des capteurs de température infrarouges, mais ils s'avèrent le plus souvent inefficaces", souligne ce spécialiste.

De nombreux pays d'Asie ont en tout cas renforcé mardi leurs contrôles face à la propagation du virus. De Bangkok à Hong Kong, de Singapour à Sydney, les autorités procèdent à des contrôles systématiques à l'arrivée des vols en provenance des zones à risques.

Il est fort probable qu’il arrive en Europe. De Chine à Paris, il n’y en a que pour 12 heures.- Jean-Claude Manuguerra, responsable de la cellule d’intervention biologique d’urgence à l’Institut Pasteur, à LCI.

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Peut-il arriver jusqu’en Europe ?

Oui à en croire Jean-Claude Manuguerra, de l'Institut Pasteur, qui en veut pour preuve que lors de la pandémie de Sras, "le virus avait été identifiés dans trente pays différents". Aujourd'hui selon lui, "il est fort probable qu'il arrive en Europe. De Chine à Paris, il n’y en a que pour 12 heures. En plus, à Wuhan, il y a de nombreuses relations avec la France et l’Europe". 

 "A l’échelle européenne, le risque de propagation du virus est considéré comme faible à très faible. Le risque d’introduction en France de cas liés à cet épisode est faible, mais ne peut cependant pas être exclu, d’autant qu’il existe des lignes aériennes directes entre la France et la ville de Wuhan", estime pour sa part l'Organisation de la direction générale de la santé (DGS), contactée par LCI.

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En France, s’y prépare-t-on déjà ?

La Direction générale de la santé (DGS) nous indique avoir pris des mesures afin d'éviter la propagation du virus à l'intérieur de nos frontières. "Des messages de précaution à destination des voyageurs se rendant à Wuhan depuis Paris ou au retour de Wuhan sont diffusés dans les avions pour les vols directs, et des affiches ont été disposées à l’aéroport de Roissy, précise-t-elle. "Conformément aux recommandations de l’OMS, aucune mesure de contrôle aux frontières n’a été prise. En fonction de l’évolution de la situation, si les recommandations de l’OMS changent, la France évaluera l’opportunité de mettre en oeuvre les mesures préconisées", ajoute-t-elle.

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Les professionnels et établissements de santé ont été informés et des recommandations sur la prise en charge d’éventuels cas en France leur ont été délivrées, explique-t-elle. "Des procédures existent pour faire face à ce type de situation spécifique et permettre la prise en charge de tout cas suspect, possible ou confirmé dans des bonnes conditions pour lui et pour les soignants. Les patients potentiellement touchés par le 2019-nCoV seront pris en charge dans l’un des établissements identifiés sur le territoire français pour la prise en charge des cas possibles et confirmés de MERS-CoV", assure-t-elle. 

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