Le Parlement européen veut en finir avec les expériences scientifiques sur les animaux

Un bébé singe examiné dans le Centre national de recherche sur les primates de Thaïlande lors d'essais d'un candidat-vaccin contre le Covid-19, en mai 2020.

CAUSE ANIMALE - Lors d'une séance plénière ce jeudi au Parlement de Strasbourg, les eurodéputés ont adopté à quasi-unanimité un texte demandant l'arrêt progressif de l'utilisation des animaux des expériences scientifiques.

Les animaux bientôt sauvés des labos ? Réunis en plénière à Strasbourg ce jeudi, les eurodéputés ont appelé l'UE à accélérer le passage à un système de recherche qui n'utilise plus du tout les animaux pour des expériences scientifiques.

Le texte non contraignant adopté à une quasi-unanimité (667 pour, 4 contre et 16 abstentions) demande la mise en place d'un plan d'action fixant des "délais pour supprimer progressivement le recours aux animaux dans la recherche et les essais". "Les députés souhaitent un financement suffisant à moyen et à long termes pour assurer la mise au point, la validation et l'introduction rapides de nouvelles méthodes d’expérimentation, notamment via un financement accru dans le cadre d'Horizon Europe", le programme de recherche et d'innovation de l'Union européenne, explique le Parlement européen dans un communiqué.

12 millions d'animaux élevés et tués pour la science en 2017

L'expérimentation sur des animaux est interdite dans l'UE pour les cosmétiques depuis 2009 et la législation actuelle fixe des exigences de bien-être des animaux encore nécessaires à la science. Pour autant, plus de douze millions d'animaux (des souris à plus de 90%) ont encore été élevés et tués en 2017 en Europe à des fins de recherche, dont beaucoup, pour des raisons variées, n'ont pas été au final utilisés dans des procédures scientifiques, selon un rapport de février 2020 de la Commission européenne.

En France, 1,9 million d'animaux ont été utilisés pour des expériences scientifiques en 2017, dont 59% de souris, 15% de poissons, 10% de rats et 7% de lapins. Les singes, eux, représentent 0,19% des animaux utilisés dans les essais. Certains chiens et chats ont aussi servis à la recherche mais, note un rapport du ministère de la Recherche et de l'Innovation, le recours à ces mammifères est en baisse par rapport à 2016 : respectivement -2,3% et -23%. Une diminution "que l’on peut rapprocher des efforts engagés depuis plusieurs années pour rationaliser l’utilisation de ces espèces sensibles", explique le rapport. Depuis plusieurs années, l'Ineris travaille sur les méthodes alternatives en expérimentation animale via, notamment,  des méthodes de remplacement in vitro (modèles cellulaires) ou in silico (modèles mathématiques).

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Quand le recours à des animaux dans la recherche est inévitable, faute de méthodes alternatives, "ces régimes de tests doivent uniquement se dérouler dans des conditions optimales qui réduisent la douleur, l’angoisse et la souffrance des animaux concernés, et protègent leur bien-être", insistent les eurodéputés, qui avaient débattu sur le sujet en juillet.

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