Le PDG de Pfizer a-t-il refusé de se faire vacciner ?

Le PDG de Pfizer a-t-il refusé de se faire vacciner ?

EXEMPLARITÉ - Nicolas Dupont-Aignan a regretté ce mardi sur LCI que le "président de Pfizer ne veuille pas se faire vacciner". Le PDG de l'entreprise n'a jamais déclaré une telle chose, c'est un raccourci trompeur.

Un fabricant qui ne voudrait pas de ce qu'il produit, forcément, ça laisse sceptique sur la qualité du travail. Alors quand on assure que le patron du laboratoire Pfizer, qui a développé les premiers vaccins contre le coronavirus autorisés en Europe, refuse de se faire vacciner, on discrédite forcément son produit. Depuis plusieurs jours, cet argument circule sur les réseaux sociaux et ce mardi 22 décembre, Nicolas Dupont-Aignan lui a donné de la visibilité. Invité de la matinale de LCI, le député de l'Essonne a  argué que le "président de Pfizer ne veut pas se faire vacciner". Un raccourci trompeur. Le patron du laboratoire attend simplement son tour. Et encore.

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Un argument sorti de son contexte

Cette information provient d'une interview accordée à CNBC le 14 décembre dernier. Albert Bourla expliquait alors n'avoir pas encore reçu le vaccin que sa société avait développé en partenariat avec la société allemande BioNTech. Ajoutant "je préfère attendre". Mais non pas parce qu'il ne croit pas au vaccin, comme le laisse entendre le chef de fil de Debout la France, mais simplement parce qu'il expliquait ne pas vouloir que les dirigeants de l'entreprise "passent devant les autres", et donnent le mauvais exemple. Notamment parce que les doses disponibles pour sortir de cette pandémie sont limitées. Raison pour laquelle chaque gouvernement a sa propre stratégie vaccinale, qui consiste à donner la priorité aux personnels soignants ou aux publics vulnérables. Or, à 59 ans et "en bonne santé", le chef d'entreprise ne fait pas partie de ce public. 

Le PDG de Pfizer n'est donc logiquement pas vacciné pour le moment. Mais ce qu'oublient de préciser le député souverainiste, tout comme les nombreuses autres figures qui ont largement relayé cette fausse information, c'est que le patron du laboratoire compte bien se faire vacciner rapidement. "Dès que je le pourrai, je le ferai", a-t-il promis face caméra. Et est allé encore plus loin. Il a confié qu'il envisageait tout de même de se faire inoculer son produit un peu plus tôt que ce qui est recommandé pour sa tranche d'âge. Et ce éventuellement devant les caméras. "Juste pour montrer la confiance de la société."

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Une position délicate

Le PDG du laboratoire est en fait dans une posture délicate. S'il ne se fait pas vacciner, il ajoute à la suspicion vis-à-vis de ce vaccin. Mais s'il se le fait inoculer, alors il risque des critiques d'un autre genre. Ce paradoxe, Olivier Véran le résumait parfaitement le 8 décembre dernier. Interrogé dans le cadre de la Grande confrontation sur LCI sur l'éventualité de se faire vacciner avant tout le monde "à titre d'exemplarité", le ministre de la Santé prouvait que ce type de communication n'était pas une solution. Pour deux raisons. D'une part car il risquerait d'être attaqué par les défenseurs du vaccin pour avoir "boulotté la dose qui aurait été plus utile pour une personne fragile". Et de l'autre car les plus réticents aux vaccins risqueraient de dire qu'il ne s'est "pas vraiment injecté le vaccin mais du sérum physiologique". 

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