Le stress au travail augmente le risque d'AVC (surtout chez les femmes)

Santé
AVC - La pression au travail augmente le risque de 22% de souffrir d’un AVC. Les femmes y sont particulièrement exposées, selon une étude publiée dans la revue Neurology.

Stress et travail ne font pas bon ménage. En effet, les personnes travaillant sous pression ont 22% de risque supplémentaire de souffrir d’un accident vasculaire cérébrale (AVC). Plus particulièrement les femmes. À leur sujet, le risque augmente à 33%.

C’est le résultat d’une méta-analyse qui a été menée par des chercheurs chinois de l’université Southerb Medical à Guangzhou (sud de la Chine) et publiée dans la revue Neurology . Les auteurs ont passé au peigne fin les données de six études incluant près de 140.000 patients. Ces derniers ont été suivis de trois ans à 17 ans.

Méthodologie : des professions plus exposées que d’autres.
Afin de mieux cerner les professions à risque, les chercheurs ont défini quatre catégories en fonction de la charge mentale, de la pression et de la capacité de choix des travailleurs.
Les catégories élaborées selon l’étude :
⇒ les emplois passifs (concierges ou salariés manuels)
⇒ les emplois à faible contrainte (les architectes par exemple) 
⇒ les actifs (les médecins, les enseignants et les chercheurs)
⇒ les postes exposés au stress (serveurs, infirmiers)

Pour les trois premiers groupes de travailleurs, aucune incidence n’a été constatée, selon l’étude. En revanche, la quatrième catégorie est fortement touchée par le risque de souffrir d’un AVC. Par rapport aux autres catégories, ils présentent un risque supplémentaire de 22%. Pour expliquer cette différence, les chercheurs évoquent de mauvaises habitudes alimentaires, le tabagisme et le manque d’exercice.

Ce que l’étude a montré : les femmes sont plus vulnérables
Face au stress, nous ne sommes pas tous égaux. Et, les inégalités hommes/femmes perdurent. Le risque de souffrir d’un accident vasculaire cérébrale augmente selon le sexe. Chez les femmes, le risque monte à 33%.

En revanche, la nature de l’AVC ne varie pas en fonction du sexe. Le risque d’AVC ischémique – conséquence d'un manque d’oxygène dans le cerveau – était de 58% plus élevé pour les salariés ayant un travail stressant que pour les autres. Quant à l’AVC hémorragique, résultant de l’éclatement d’un vaisseau sanguin, il est moins lié à la pression au travail.

EN SAVOIR + >> Les femmes sont plus exposées aux AVC

Ce qu’il faut en conclure : l’ouverture de pistes de réflexion pour se détendre
Horaires aménagés, télétravail, redéfinition des tâches de chacun : les chercheurs ouvrent la voie de plusieurs pistes de réflexion. L’étude soulève l’urgence de trouver des moyens de rendre les emplois moins stressant.

Le bien-être des salariés est un enjeux de santé publique. Les auteurs de l’étude mentionnent l’intérêt de la thérapie cognitive comportementale et la nécessité de la relaxation. Selon une étude de l’Institut national de la recherche et de sécurité (INRS) de 2007, le coût du stress au travail (comprenant l’absentéisme et les maladies) est estimé à 1,9 et 3 milliards d’euros.

Des chercheurs ont déjà tiré la sonnette d’alerte sur le lien entre les horaires de travail prolongées et le risque accru d’AVC au mois d’août dernier. L’étude, publiée dans la revue The Lancet, conclut qu’un travail supérieur de 55 heures hebdomadaire augmente de 33% le risque par rapport à un travail hebdomadaire de 35 à 40 heures.

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