Jugé "très efficace" contre les formes graves du Covid : en quoi consiste le vaccin Johnson & Johnson ?

Jugé "très efficace" contre les formes graves du Covid : en quoi consiste le vaccin Johnson & Johnson ?

VACCINATION - L'Agence américaine des médicaments (FDA) a confirmé mercredi l'efficacité du vaccin unidose de Johnson & Johnson contre les formes graves de Covid-19. Le laboratoire Sanofi contribuera à le produire en France. Voici ce qu'il faut savoir.

Il pourrait devenir dans les semaines à venir le quatrième vaccin autorisé au sein de l'Union européenne. Le dossier du vaccin Johnson & Johnson, développé par le géant pharmaceutique américain et fabriqué par sa filiale Janssen-Cilag, est désormais entre les mains de l'Agence européenne du médicament (EMA), qui doit rendre sa décision en mars. Quelle est son efficacité ? Quels sont ses effets secondaires ? Combien la France aura-t-elle de doses ? LCI fait le point.

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Quel type de vaccin est-ce ?

Contrairement aux deux premiers vaccins autorisés sur le Vieux Continent, Pfizer/BioNTech et Moderna, le vaccin Johnson & Johnson n'est pas à ARN messager. "Il s'agit d'un vaccin basé sur des adénovirus, comme celui d'AstraZeneca", explique à LCI Morgane Bomsel, chercheuse du CNRS à l'Institut Cochin et spécialiste en vaccinologie. "Cet adénovirus porte l'ADN de la protéine Spike. Quand elle est injectée, l'organisme va aussi produire de la protéine spike, et le système immunitaire va à son tour produire une réponse immunitaire protectrice : les anticorps."

En outre, un tel mécanisme a déjà été utilisé pour d'autres pathologies. "C'est un vaccin connu, étudié depuis plusieurs années, et approuvé pour Ebola", poursuit la chercheuse. "L'adénovirus est utilisé comme vecteur pour porter un virus inoffensif. À l'intérieur est inséré le morceau de la maladie contre laquelle vous voulez vous protéger."

Quelle est son efficacité ?

Selon le laboratoire, le vaccin Johnson & Johnson présente une efficacité de 66% "pour prévenir les formes sévères à modérées", un mois après la vaccination. Ce taux monte à 85% "contre les hospitalisations et les décès liés au Covid-19", assure l'entreprise. Mais les données divergent en fonction des zones géographiques. "28 jours après la vaccination, il y a 70% de diminution de l'infection aux États-Unis, 66% en Amérique latine et 57% en Afrique du Sud", indique Morgane Bomsel, qui se base sur les chiffres communiqués par le laboratoire.

L'agence américaine du médicament (FDA) estime même que l'efficacité du vaccin contre les formes graves est supérieure à ces données. Selon elle, le vaccin Johnson & Johnson est efficace à 85,9% aux États-Unis, 87,6% au Brésil et 81,7% en Afrique du Sud.

"Ce n'est pas mal du tout", juge la chercheuse, même si l'efficacité moins élevée en Afrique du Sud interpelle. "90% des personnes y avaient été infectées par le variant" dit sud-africain, précise-t-elle. "Il faut donc relativiser ces chiffres. Ce vaccin apporte vraiment une protection globale, ce qui est une bonne nouvelle", même contre ce variant, à ce jour responsable d'environ 5% des contaminations en France.

Combien de doses faut-il administrer ?

C'est la vraie nouveauté de ce sérum : "toutes les données d'efficacité sont obtenues avec une seule dose". Ce vaccin est le premier mis au point dans le monde à ne nécessiter qu'une seule injection, contre deux pour tous les autres déjà autorisés. Une bonne nouvelle pour accélérer la campagne de vaccination en France, mais aussi "dans les pays en voie de développement". "Vacciner la population à une reprise est beaucoup plus facile que de lui demander de revenir pour une seconde injection", relève Morgane Bomsel. "Dans les endroits où l'accès aux soins n'est pas facile, il est très important d'avoir un vaccin efficace en une dose."

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Toutefois, l'apport d'une deuxième injection n'est pas exclu. "Le laboratoire dit tout de même que si, par hasard, une deuxième dose pouvait être réalisée, ce serait encore mieux", tempère la spécialiste.

Comment doit-il être conservé ?

Pour le vaccin Johnson & Johnson, les problématiques rencontrées pour la gestion des doses de Pfizer ou de Moderna seront bien loin. "Les vaccins à adénovirus sont beaucoup plus stables et ne nécessitent pas de températures négatives", indique Morgane Bomsel. Le groupe pharmaceutique assure que son vaccin "peut rester stable pendant deux ans à -20°C, dont au moins trois mois à des températures comprises entre 2°C et 8°C". Un avantage pour un déploiement chez les médecins généralistes, à l'instar du sérum d'AstraZeneca.

Quels effets secondaires peut-il provoquer ?

Au cours des essais cliniques, "le groupe d'experts indépendants n'a pas signalé de problèmes significatifs de sécurité liés au vaccin", indique Johnson & Johnson. "Un examen des événements indésirables a montré qu'une dose de Janssen est généralement bien tolérée", poursuit le groupe dans un communiqué. Dans le détail, le laboratoire assure qu'une fièvre s'est déclarée chez 9% des volontaires. "Il n'y a pas plus d'effets secondaires que pour les autres vaccins", analyse de son côté Morgane Bomsel. "Quelques petites rougeurs au site d’injection, un peu de douleur, et au besoin un peu de fièvre. Mais si le vaccin est accepté par l'EMA, c’est que ce n'est pas un problème."

Dans quels pays est-il déjà utilisé ?

Pour l'heure, l'Afrique du Sud est le seul pays à avoir autorisé ce vaccin, finalement préféré à celui d'AstraZeneca, jugé insuffisamment efficace contre le variant largement majoritaire dans ce pays. Le vaccin Johnson & Johnson y est administré depuis le 17 février.

Mercredi 24 février, l'agence américaine du médicament a confirmé l'efficacité de ce vaccin, deux jours avant une réunion de son comité consultatif pour examiner son autorisation en urgence outre-Atlantique. "En général, l'Europe suit les États-Unis", assure Morgane Bomsel. "Pour les autres vaccins, quand les États-Unis l'ont validé, nous avons alors accès aux documents qui ont été donnés à la FDA, avec toutes les informations détaillées."

Combien de doses la France a-t-elle commandé ?

Fin décembre, avant le début de la campagne de vaccination, le ministère de la Santé annonçait que 8,4 millions de doses de ce vaccin avaient été contractualisées d'ici le 1er juillet. Et les premières doses pourraient rapidement arriver, en cas de feu vert de l'EMA. Interrogé sur la question sur LCI, le Pr Alain Fischer, président du Conseil d'orientation de la stratégie vaccinale, a indiqué espérer "bénéficier des doses du vaccin Janssen dès le mois d’avril".

Ce vaccin sera d'ailleurs, en partie, produit en France. Lundi 22 février, le laboratoire Sanofi a annoncé qu'il allait produire le vaccin de son concurrent américain, en plus de celui de Pfizer/BioNTech, "à partir du troisième trimestre". Environ 12 millions de doses sortiront chaque mois de son site de Marcy-l'Étoile, près de Lyon, a affirmé dans un communiqué le laboratoire, qui se chargera de la formulation et du remplissage des flacons.

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