"Maladie du rat" : les cas de leptospirose explosent

Santé

SANTÉ PUBLIQUE - Au-delà du dégoût qu'ils peuvent inspirer, les rats sont aussi responsables de la propagation de la leptospirose. Cette maladie, qui peut être mortelle, touche 600 personnes chaque année en France métropolitaine.

Le nombre de cas n’a jamais été aussi élevé depuis 1920. Selon le dernier numéro du Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) paru le 4 avril, la leptospirose a touché en 2014 et 2015 un peu plus de 600 personnes en France métropolitaine, soit 1 personne sur 100.000. C’est deux fois plus qu’en 2011. 700 cas en moyenne ont d’autre part été constatés en outre-mer "où les conditions climatiques sont propices au maintien dans l'environnement de la bactérie responsable de la maladie". Autrement appelée "maladie des rats", la leptospirose est transmise par les rongeurs via leurs urines.

Elle touche particulièrement certaines professions exposées, comme les agriculteurs ou encore les égoutiers, ainsi que les adeptes de loisirs en plein air. "Une fois qu’elle est excrétée dans l’urine, la bactérie survit très peu de temps dans l’environnement, sauf si elle se trouve dans un milieu humide, où elle peut survivre pendant plusieurs semaines", nous explique Mathieu Picardeau, chercheur à l’Institut Pasteur. En 2016, deux détenus de la prison de Fresnes avaient été atteints de leptospirose à cause de la présence massive de rongeurs dans l’établissement. 

Des syndromes grippaux

Après une période d’incubation de quatre à dix jours, les symptômes qui apparaissent s’apparentent à ceux de la grippe. Dans certains cas cependant, la bactérie peut atteindre tous les organes et provoquer des hémorragies. Elle peut être traitée grâce à des antibiotiques.

Selon le BEH, la maladie "est considérée comme une maladie émergente en raison du changement climatique (réchauffement climatique et phénomènes climatiques extrêmes plus fréquents entraînant des inondations) et de l’urbanisation grandissante (transmission par l’intermédiaire des rats dans les zones insalubres de type bidonvilles)". Dans le numéro spécial de ce Bulletin épidémiologique hebdomadaire, le Dr Eric Bertherat de l'OMS regrette que cette bactérie préoccupe si peu les autorités. "Près d'un siècle après la découverte de son agent causal (...) la leptospirose reste la grande oubliée des maladies négligées", explique-t-il. Dans le monde, la leptospirose provoque plus d'un million de cas par an, dont 60.000 décès.

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Pas si nuisibles que ça

Fin décembre, la mairie de Paris a lancé une grande campagne de dératisation. On compte dans la capitale environ 1,75 rats pour un habitant.  Pourtant, selon Georges Salines, responsable du service parisien de santé environnementale, cette forte population n'a rien d'inquiétant. "Des épisodes de prolifération dans les jardins, il y en a tout le temps. On a une augmentation des signalements mais on a du mal à savoir si cela correspond à une réalité objective", explique-t-il. Ceux-ci nous rendraient également de grands services. "Chaque année, un rongeur nous débarrasse de 9 kilos de déchets. Ils assurent également le bon fonctionnement des égouts. [...] De plus, en circulant entre les grilles, ils évitent qu’elles se bouchent", analyse Pierre Falgayrac, spécialiste de l’hygiène et auteur de Des rats & des hommes

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