Les bénéfices de l'accouchement dans l'eau remis en cause

Les bénéfices de l'accouchement dans l'eau remis en cause

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MEDECINE - En raison du peu de preuves médicales et du risque d'infection pour le bébé, des médecins américains remettent en cause les bienfaits de l'accouchement dans un bain chaud, réputé pour faciliter le travail de la mère.

Parmi les méthodes d'accouchement alternatives qui s'offrent aux futures mères, l'accouchement aquatique est l'une des plus connues. Pour réduire le temps de travail, atténuer la douleur ou pour limiter les traumatismes chez le bébé, les raisons d'y adhérer sont diverses. Mais derrière cette pratique au succès grandissant se cachent des risques évoqués beaucoup moins fréquemment.

C'est sur ces dangers que se sont penchés des membres de deux instances scientifiques américaines, le Collège américain des obstétriciens et gynécologues et l'Académie américaine de pédiatrie. Dans un rapport commun publié dans la revue Pediatrics , ils estiment que cette méthode n'a jamais fait preuve de ses bienfaits. C'est en compilant une série d'études scientifiques sur le sujet qu'ils ont réalisé que le rapport bénéfice/risque est ainsi loin d'être démontré.

Gare aux infections

Car non seulement les avantages de l'accouchement dans l'eau sur ceux du milieu médical ne sont pas établis mais son innocuité pour la mère et l'enfant laisse à désirer. Des rares incidents ont été recensés, notamment des cas d'infections (le bébé est contaminé par des micro-organismes présents dans l'eau) et des problèmes respiratoires. Rien qu'aux Etats-Unis, 12 % des bébés nés de cette façon ont ainsi dû être hospitalisés d’urgence.

Pour cette raison, ce type d'accouchement ne devrait être pratiqué qu'à titre expérimental dans le cadre d'un essai clinique, et non comme acte de routine. Et pour les femmes désireuses d'expérimenter cette méthode, les médecins conseillent de n'y recourir que pour la préparation à l'accouchement. En France, cette pratique reste marginale. Le seul centre de naissance aquatique prévu en 2012 n'a jamais ouvert ses portes car il ne répondait pas aux conditions requises par le Code de la santé publique.

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