Les drogues de synthèse de plus en plus nombreuses et dangereuses en Europe

Santé

SANTE - Le dernier rapport rendu par l'Observatoire européen des drogues estime que la consommation de drogues "classiques" comme l'héroïne ou la cocaïne est en baisse au profit de nouvelles substances produites en laboratoire et qui ne bénéficient pas encore d'encadrement juridique. Un phénomène préoccupant car celles-ci sont encore plus nocives pour la santé des consommateurs.

Plus récentes et plus puissantes, les drogues de synthèses inquiètent. Et pour cause, ces substances qui attirent bon nombre de consommateurs en Europe sont de plus en plus nocives pour la santé, alerte mardi l'Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT) dans son rapport annuel . Le texte rappelle dans un premier temps que plus de 80 millions d'Européens, soit un quart de la population adulte de l'UE, ont consommé une drogue illicite à un moment de leur vie. Mais ce sont surtout l'émergence et le succès de ces nouveaux produits qui ont interpellé les auteurs.

"Les drogues que nous observons aujourd'hui, sont à de nombreux égards, bien différentes de celles que nous connaissions auparavant ", a prévenu Wolfgang Götz, directeur de l'OEDT qui évoque des "évolutions préoccupantes". "Ainsi, de nouvelles substances psychoactives de synthèse apparaissent sans cesse sur le marché de la drogue, où elles ont pour but d'imiter, voire de remplacer les drogues réglementées", note le rapport. Ces substances sont d'autant plus dangereuses car elles ne sont pas encore réglementées par le droit international, en raison de leur récente apparition sur le marché.

"Nous commençons à peine à appréhender les conséquences"

Ces substances sont le plus souvent produites dans des laboratoires clandestins européens ou importées de Chine et d'Inde, puis vendues sur Internet. Elles revêtent le nom d'"euphorisants légaux" ou "produits chimiques destinés à la recherche". Rien qu'en 2013, 81 nouvelles drogues ont été détectées par le système d'alerte précoce européen (EWS). Au total, ce sont plus de 350 substances psychoactives , qui sont régulièrement surveillées car soupçonnées d'intoxications ou de décès. C'est le cas du MDPV, un composant de la drogue "sels de bain", aux dégâts considérables.

Les consommateurs n'ont besoin que de très faibles doses de ces drogues pour obtenir des effets très puissants. Or, cette particularité les rend parfois quasiment indétectables en cas de décès. "De plus, des quantités infimes peuvent être utilisées pour produire de multiples doses. Nous commençons à peine à appréhender les conséquences futures de cette évolution pour la santé publique et le contrôle de la drogue", prévient Wolfgang Götz. Point positif, la propagation de ce type de drogue n'a pas empêché le nombre de décès par surdose, estimé à 6 100 en 2012, de diminuer.

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter