Les femmes enceintes françaises surexposées au mercure et à l'arsenic

Les femmes enceintes françaises surexposées au mercure et à l'arsenic

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SANTÉ - Une large étude publiée mardi par Santé publique France révèle que les femmes enceintes françaises sont surexposées à certains métaux toxiques à cause de la "consommation plus élevée de produits de la mer" par rapport à d'autres pays.

C'est une étude qui vient à point, juste avant les fêtes de fin d'année. Alors que les Français se préparent à consommer leur traditionnel plateau de fruits de mer, Santé publique France publie mardi une étude qui montre que les femmes enceintes françaises sont surexposées à des métaux toxiques, notamment l'arsenic et le mercure, et avance comme explication une "consommation plus élevée de produits de la mer".


L'étude porte sur un échantillon représentatif de "4.145 femmes enceintes ayant accouché en 2011 en France continentale (hors Corse)". De premiers résultats, publiés en décembre 2016, avaient conclu à la présence  d'autres polluants, comme des pesticides ou du bisphénol A, après analyse du sang de cordons ombilicaux, d'urines ou de cheveux.

Quels sont les dangers ?

A l'exception de l'uranium, tous les métaux testés (antimoine, arsenic, cadmium, césium, chrome, cobalt, étain, mercure, nickel, plomb, vanadium) ont été retrouvés chez quasiment toutes les femmes de l'échantillon. Or, "la plupart sont classés cancérogènes certains (arsenic, cadmium, chrome, nickel), probables (vanadium) ou possibles (mercure, antimoine, cobalt) pour les humains par le Centre international de recherche sur le cancer", rappelle Le Monde.


"L’exposition prénatale aux métaux et métalloïdes est soupçonnée d’avoir des répercussions sur la grossesse (prématurité, malformations congénitales, diminution du poids du nouveau-né à la naissance) ainsi que sur le développement et la santé ultérieure de l’enfant (atteintes du système reproducteur, du métabolisme, du développement psychomoteur et intellectuel et augmentation du risque de cancers", affirme l'étude.

Pourquoi les produits de la mer ?

Concernant l'arsenic, "les niveaux mesurés dans le volet périnatal sont (...) supérieurs à ceux observés aux États-Unis et au Canada au sein de la population générale adulte. (...) Cet écart pourrait s’expliquer par une consommation plus élevée de produits de la mer en France qu’aux États-Unis", poursuivent les chercheurs. 


Même constat pour le mercure : "Le principal contributeur de l’exposition des femmes enceintes françaises au mercure organique, principale forme du mercure mesurée dans les cheveux, est la consommation de produits de la mer. Plus précisément, la consommation de poisson, de coquillages et de crustacés", avance Santé publique France.


Comment ces substances se retrouvent-elles dans les océans ? À cause des rejets industriels. Le mercure est en effet utilisé, sous plusieurs formes, dans les appareils de mesure, les amalgames dentaires, les ampoules, ainsi que dans les batteries, les pigments, les cosmétiques et dans l'industrie pharmaceutique. On trouve de l'arsenic également dans les batteries, mais aussi dans les conservateur du bois et les fongicides.

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Peut-on encore manger du poisson ou des fruits de mer ?

"Le problème, c’est que, contrairement à la viande, le poisson apporte certains acides gras qui ne sont pas substituables, mais ils sont très contaminés", explique l’Anses dans Le Monde. Le quotidien rappelle que "le Programme national nutrition santé préconise pour la population globale de limiter la consommation de poisson à deux portions par semaine dont un gras (maquereau ou sardine)", mais que de nouvelles recommandations seront publiées en 2018.

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