Les Français trop accros aux psychotropes

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SANTE- Un Français sur trois serait des consommateurs réguliers ou occasionnels de psychototropes type anxiolytiques et hypnotiques, selon un article du Parisien. Une pratique qui inquiète les spécialistes de pharmacologie car non seulement ces médicaments sont trop souvent prescrits, mais ils sont également mal utilisés.

Xanax, Tranxène, Lexomil… des noms d'anxiolytiques (tranquillisants) et d'hypnotiques (somnifères) qui apparaîtraient de plus en plus affichés sur les ordonnances, selon une étude de l'Agence nationale du médicament (ANSM) relayée par Le Parisien . En effet, la consommation de ces traitements concernerait près d'une personne sur trois (32 %) précise le quotidien. Des chiffres qui vont de pair avec un rapport de l'Inserm * affirmant que la France est, en Europe, le 2e pays consommateur d'hypnotiques (derrière la Belgique) et le 4e pour les anxiolytiques (après la Belgique, le Portugal et l'Espagne).

Ces deux classes de médicaments appartiennent à la même famille des "psychotropes" qui regroupe également les antidépresseurs et les antipsychotiques (neuroleptiques). Ils agissent sur le système nerveux central et sont ainsi utilisés pour soulager certaines souffrances comme la douleur, les troubles du sommeil, l’anxiété ou encore la dépendance aux drogues. Lorsqu'ils sont consommés de manière prolongée, ces médicaments peuvent causer des effets secondaires graves comme des pertes de concentration, des risques de dépendance ou encore d'accidents de la route.

Trop souvent et trop longtemps

En janvier, l'Agence nationale de sécurité du médicament s'alarmait des méconnaissances des consignes de prescriptions  : malgré ses recommandations (12 semaines pour les anxiolytiques et 4 pour les hypnotiques) le temps d’exposition des patients s'approche des quatre à cinq mois. Le journal cite également une étude réalisée par la société Celtipharm, spécialisée dans l'analyse de données de santé. Cette dernière révèle que 230.000 Français sont particulièrement menacés en raison de prescriptions associant ces psychotropes à des médicaments peu compatibles.

"Cela fait vingt-deux ans que j'alerte les autorités, explique au Parisien Georges Alexandre Imbert, président de l'Association d'aide aux victimes des accidents et maladies liés aux risques des médicaments. Ce sont des drogues prescrites n'importe comment". L'importance du bon usage du médicament a fait l'objet d'un rapport remis à la ministre Marisol Touraine en 2013. Le texte, resté lettre morte, recommande de créer des structures de surveillance "avec pouvoir d'alerte", d'informer davantage les médecins et de rembourser seulement les psychotropes bien prescrits.

*Institut national de la santé et de la recherche médicale

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