"Les jeunes ne sont pas épargnés et transmettent le virus", rappelle le Pr Casalino sur LCI

"Les jeunes ne sont pas épargnés et transmettent le virus", rappelle le Pr Casalino sur LCI
Santé

L’INTERVIEW DE LA MATINALE – Le professeur Enrique Casalino, chef du service d’urgences à l’hôpital Bichat (Paris), était l’invité de la matinale de LCI ce lundi. Il a insisté sur l’importance de la jeunesse dans la lutte contre l’épidémie de coronavirus, rappelant que "des personnes jeunes peuvent décéder" du Covid-19.

Depuis plusieurs mois, de nombreuses stratégies pour lutter contre la pandémie de coronavirus ont été évoquées. Ces derniers jours, celle évoquée par le professeur Éric Caumes a fait grand bruit. Le chef de service des maladies infectieuses à la Pitié-Salpêtrière (Paris) a émis l’hypothèse de laisser les jeunes se contaminer entre eux pour "participer à l’immunité collective" afin de la rendre "plus importante à la rentrée".

Pour le professeur Enrique Casalino, chef du service d’urgences à l’hôpital Bichat (Paris), cette stratégie n’est pas la bonne. "Éric est un très bon ami, mais il y a des personnes jeunes qui peuvent faire des complications, des formes graves, et décéder", a-t-il rappelé ce lundi matin dans la matinale de LCI. Même si le risque de décès pour les plus jeunes est "moindre", "ils ne sont pas épargnés", a insisté le Pr Casalino.

"Notre discours envers les jeunes est trop condescendant"

Cette stratégie était évoquée par le Pr Caumes pour augmenter l’immunité collective dans la population. En l’absence de vaccin, l’immunité collective paraît être l’une des seules possibilités pour que l’épidémie s’éteigne d’elle-même. Pourtant, "si nous partons sur une stratégie qui implique qu’une catégorie d’âge soit complètement libérée de la responsabilité collective, cela n’aura pas le moindre impact dans la prévention collective", assure le Pr Casalino. "De plus, cette catégorie d’âge est très mobile, et va donc transmettre le virus" autour d’elle. Les jeunes "vont dans les bureaux, en cours... Ce n’est pas une population isolée du système".

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En outre, les jeunes peuvent également être touchés par les symptômes post-Covid, qui se multiplient ces dernières semaines. "Toutes les maladies virales peuvent être à l’origine de syndromes de fatigue chronique, et c’est ce que nous voyons aujourd’hui", admet le Pr Casalino. "Beaucoup de personnes, jeunes ou moins jeunes, ont des symptômes qui persistent, sont très fatigués, ont du mal à reprendre un rythme... Ce n’est pas banal."

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Enfin, le chef du service d’urgences à l’hôpital Bichat se pose en fervent défenseur de la jeunesse. "Aujourd’hui, notre discours envers les jeunes est trop condescendant, et ne conduit pas à une prise de responsabilité de la population", estime-t-il. "Dans cette catégorie d’âge, l’immense majorité est responsable. Ce ne sont que quelques individus qui troublent le message" en ne respectant pas les gestes barrières. "Il faut responsabiliser ceux qui ont des comportements discordants avec la stratégie globale de prévention. Tout le monde, dans toutes les catégories d’âge, y compris les jeunes, doit comprendre qu’il a un rôle à jouer. Chacun doit être engagé dans la lutte contre le virus."

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