Les maires doivent-ils acheter eux-mêmes seringues et compresses pour les centres de vaccination ?

Santé Publique France assure l'approvisionnement de tout le matériel, ainsi que des doses de vaccin.

CAFOUILLAGES - Une maire du Val d'Oise explique avoir été contrainte d'acheter du matériel pour équiper son centre de vaccination. Et contredit Olivier Véran, qui soutient que l'État se charge de tout. LCI fait le point.

Invité sur France Inter, Olivier Véran a récemment évoqué ce qu'il qualifie de "fable" : le fait que des maires doivent acheter eux-mêmes des seringues et des aiguilles. "C'est faux ?", lui demande-t-on. "C'est plus que faux", a répondu sèchement le ministre de la Santé. Une sortie qui a fait bondir la maire (LR) de Taverny, dans le Val d'Oise. Florence Portelli a ainsi réagi par le biais d'une vidéo postée sur son compte Twitter. 

"Contrairement à ce que vous affirmez, les maires ont bel et bien dû acheter eux-mêmes les seringues, les aiguilles et les compresses pour les centres de vaccination ! Voici toutes mes factures : où puis-je vous les envoyer ?!", a lancé l'édile, très remontée. Elle n'hésite d'ailleurs pas à brandir des documents pour prouver sa bonne foi : aiguilles, tampons alcoolisés, compresses non tissées... Elle détaille la liste des achats réalisés par sa municipalité. 

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Des exceptions locales

À qui revient la responsabilité de fournir les kits nécessaires aux injections ? La Direction générale de la santé explique à LCI que "la doctrine, c'est que l'État fournisse le matériel nécessaire". Il n'y a "aucune raison que le maire effectue des dépenses de matériel si un centre de vaccination a été ouvert, puisque celui-ci a été lancé avec le soutien de la préfecture et des Agences régionales de santé (ARS)". Les seringues et autres aiguilles sont gérées par Santé publique France, à qui incombe la responsabilité de constituer des stocks et de procéder à leur répartition sur le territoire. Localement, "c'est possible qu'il y ait eu un souci", glisse la DGS, ajoutant que des "couacs dans la logistique" peuvent toujours survenir, a fortiori dans le cadre d'une opération aussi vaste. 

Les centres de vaccination dépendent d'un hôpital de secteur, que la DGS nomme des "établissements pivots". Ceux sont eux qui sont censés récupérer le matériel et le répartir par la suite. Un fonctionnement censé permettre un approvisionnement fluide, les seringues et autres aiguilles devant d'ailleurs être fournies légèrement en amont.

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Lorsque l'on rapporte à la maire Florence Portelli les explications de la DGS, elle demeure perplexe. Et explique que dans sa ville, le centre de consultation et de dépistage est devenu début janvier le "premier centre de vaccination hors hôpitaux du Val d'Oise". L'édile met en avant son volontarisme et raconte qu'après l'ouverture, "il n'y a non seulement pas eu assez de vaccins", mais que les médecins "ont indiqué qu'il n'y avait pas le matériel requis". Dès lors, "la réaction a été assez simple", glisse l'élue, "j'ai dit : 'on achète', tout simplement. Et avec l'approbation de l'ARS en plus !"

Florence Portelli tient à préciser qu'elle ne "jette pas la pierre à l'État de ne pas y arriver", il se trouve en effet, selon elle, plombé par une "administration trop tentaculaire pour ce genre de missions". Elle suggère toutefois de s'appuyer davantage sur "les maires et les collectivités"

L'ARS d'Île-de-France, sollicitée par LCI, reconnaît pour sa part que "dans certains cas, précisément la semaine du 11 janvier, certains centres de vaccination ont commencé à ouvrir plus tôt et il a pu arriver que ponctuellement des élus ou des établissements supports soient obligés d’acheter des seringues". En revanche, ce "n’est plus le cas depuis le lancement de la campagne pour les plus de 75 ans, puisque quand les vaccins sont livrés, les consommables le sont également". 

En résumé, il apparaît donc que des municipalités ont parfois été contraintes de se procurer elles-mêmes du matériel pour équiper leurs centres de vaccination. Il ne s'agit pas d'une "fable", comme a pu l'indiquer Olivier Véran. Il ne s'agit toutefois d'une norme puisque l'État, via Santé publique France, assume la charge de ces approvisionnements en matériel, tout comme il le fait pour les doses de vaccin. Les quelques "couacs" observés lors des premières ouvertures sont aujourd'hui réglés, nous assure-t-on.

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