Les masques sont-ils vraiment des nids à bactéries et à microbes ?

Le masque n'est pas un nid à bactéries comme le décrivent certains de ses détracteurs.
Santé

HYGIÈNE – De multiples publications en ligne justifient le refus des masques notamment pour des raisons d'hygiène. Ils seraient en effet de parfaits réceptacles pour les bactéries, les moisissures et autres microbes. Des arguments balayés par les spécialistes de la médecine hygiéniste.

Les opposants au port du masques avancent une multitude d'arguments pour justifier leur position. Sur les réseaux sociaux, de nombreux messages circulent par exemple pour dénoncer le fait qu'ils seraient de véritables nids à microbes et à bactéries, propices au développement des germes et des moisissures. 

Sur Facebook notamment, une femme se présentant comme "biologiste et écotoxicologue" se montre formelle : "Le morceau de papier ou de tissu que vous portez sur le nez vous rendra malade à cause des moisissures, des champignons, des virus et des bactéries qui s'y accumulent et ne vous protège aucunement des virus", écrit-elle.

Le risque est infime

Faut-il s'inquiéter à la lecture de ces messages ? Clairement pas, s'accordent les experts. "Les infections fongiques graves sont rares", souligne notamment Françoise Dromer, responsable de l’unité de Mycologie moléculaire et du Centre national de référence des Mycoses invasives et des antifongiques de l’Institut Pasteur. "Dans les conditions d’utilisation recommandées, il n’y a aucun moyen que des champignons se développent à l’intérieur d’un masque".

Rien à craindre non plus en ce qui concerne les moisissures, et ce malgré le fait que l'on expire un air humide via notre respiration. "Pour qu’un masque moisisse, il faudrait le laisser, par exemple, humide dans une pièce pleine de moisissure, ou dans un compost, pendant des semaines", tranche l'experte, catégorique.

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Auprès de l'AFP, le chef de la clinique Saint-Luc à Bruxelles et professeur à l’Université Catholique de Louvain Jean-Luc Gala a insisté sur l'importance de respecter les délais recommandés pour le port du masque. Ce qui ne signifie pas pour autant que celui-ci devient dangereux au bout de quelques minutes. "Il faut changer son masque toutes les quatre heures, mais pas toutes les vingt minutes", insiste-t-il. "Les masques absorbent l’humidité de votre respiration et les bactéries que vous émettez quand vous respirez. Au bout de quatre heures, les conditions de filtration des masques ne sont plus favorables."

Florence Elias, professeure de physique à l'Université de Paris et chercheuse au laboratoire Matière et systèmes complexes, insiste quant à elle sur le fait que l'on "ne retrouve pas plus de microorganismes – des bactéries, des virus ou des champignons – sur le masque que ce qu’on aurait de toute façon inhalé". Que des bactéries se retrouvent sur le masque n'est d'ailleurs en soi pas forcément un problème, puisque "la plupart de ces agents ne produisent pas de maladie, parce que ce sont des bactéries que nous avons dans la bouche", complète Françoise Dromer, la spécialiste de l'Institut Pasteur.

En résumé, il est totalement exagéré de décrire les masques comme des nids à microbes, propices au développement des germes, champignons et autres moisissures. Si les durées recommandées sont respectées, les utilisateurs ne courent aucun danger.

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