Les médicaments anti-Alzheimer ne seront plus remboursés, une décision "infondée et dangereuse"

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DÉREMBOURSEMENT - Mauvaise nouvelle pour les patients souffrant de la maladie d'Alzheimer et leur entourage. A partir du 1er août, les médicaments contre cette pathologie, jugés insuffisamment efficaces et potentiellement risqués, ne seront plus remboursés. lus

Ces médicaments bien plus dangereux qu’utiles menacent la santé des personnes âgées atteintes de cette pathologie. Les médicaments contre la maladie d'Alzheimer, jugés insuffisamment efficaces et potentiellement risqués, ne seront plus remboursés à compter du 1er août, selon un arrêté officialisant une décision gouvernementale qui a suscité le tollé d'associations de malades et de professionnels. Avec entre 850.000 et 1,2 million de personnes en France touchées actuellement en France, selon les chiffres officiels, la maladie d'Alzheimer représente un défi de santé publique : c’est la maladie neurodégénérative la plus fréquente.


Selon cet arrêté du ministère de la Santé, publié vendredi 1 juin au Journal officiel, cette mesure concerne quatre médicaments (Aricept, Ebixa, Exelon, Reminyl), et leurs génériques, qui traitent les symptômes d'Alzheimer. Ils étaient jusque-là remboursés à hauteur de 15% par l'Assurance maladie - ce qui lui a coûté quelque 90 millions d'euros en 2015. La ministre de la Santé Agnès Buzyn avait annoncé lundi 28 mai sa décision, suivant l'avis de la Haute Autorité de santé (HAS), qu'elle dirigeait avant son entrée au gouvernement.

"L'existence d'effets indésirables potentiellement graves"

En octobre 2016, la commission de transparence de la HAS, qui évalue les traitements en vue de leur remboursement, avait jugé que tous ces médicaments avaient "un intérêt médical insuffisant pour justifier leur prise en charge". Elle pointait aussi "l'existence d'effets indésirables potentiellement graves". Devant l'inquiétude d'associations de malades, la ministre de la Santé de l'époque, Marisol Touraine, s'était refusée à suivre cet avis. Elle avait posé comme préalable à un éventuel déremboursement la mise en place d'un "protocole de soins élaboré par les scientifiques en lien avec les associations de patients".

En début de semaine, France Alzheimer avait jugé cette décision "infondée et dangereuse". "Il semblerait (...) que dans la balance économique, la qualité de vie des personnes malades et de leurs proches ne pèse pas très lourd", a écrit l'association dans un communiqué. "Au-delà de la question de l'efficacité, la prescription des médicaments participait grandement à maintenir un lien thérapeutique entre le médecin et le patient", a-t-elle fait valoir. 

Une mesure "délétère pour les patients et leur entourage"

Agnès Buzyn a assuré mercredi 30 mai que cette mesure n'était pas motivée par des raisons budgétaires, mais par le fait que ces médicaments étaient considérés par la HAS comme "néfastes et entraînant beaucoup d'effets secondaires, avec des fractures, des chutes". "Pour ne pas nuire aux personnes âgées atteintes de la maladie d'Alzheimer, nous déremboursons pour que les gens ne les utilisent plus", a-t-elle déclaré chez nos confrères de France 3. La somme économisée "sera dédiée aux équipes qui prennent en charge les malades d'Alzheimer : ça n'est pas une économie pour la Sécurité sociale, c'est un transfert vers des compétences humaines", a indiqué la ministre de la Santé.


La décision de déremboursement a été contestée par cinq sociétés savantes et organisations professionnelles médicales: la Fédération des centres mémoire, la Fédération française de neurologie, la Société française de neurologie, la Société française de gériatrie et de gérontologie, et la Société Francophone de psychogériatrie et de psychiatrie de la personne âgée. Elles ont jugé cette mesure "délétère pour les patients et leur entourage", en assurant que ces médicaments "ont prouvé leur efficacité sur la cognition dans la maladie d'Alzheimer, la maladie à corps de Lewy et la démence de la maladie de Parkinson". 

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