Les médicaments contre Parkinson peuvent rendre cleptomane, accro aux jeux... et hypersexuel

Les médicaments contre Parkinson peuvent rendre cleptomane, accro aux jeux... et hypersexuel
Santé

EFFETS SECONDAIRES – Des chercheurs ont mis en avant un lien entre la maladie de Parkinson et des troubles du comportement, comme la cleptomanie et l'hypersexualité. En cause : les médicaments utilisés pour soigner cette pathologie neurologique.

Chez les malades de Parkinson , on observe un fort taux de troubles du contrôle des impulsions, comme le jeu pathologique, les achats compulsifs, la cleptomanie ou l'hypersexualité. Étrange ? Pas tant que ça. Une étude menée par des chercheurs nord-Américains et publiée dans la revue JAMA Internal Medicine souligne que ces comportements perturbateurs peuvent être liés aux traitements de cette affection.

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Les chercheurs ont en effet analysé 1580 comportements impulsifs liés à l'usage de médicaments reportés entre 2003 et 2012 à la FDA (Food and Drug Administration, l'équivalent aux États-Unis de l'ANSM, l'Agence nationale de sécurité des médicaments). Ils ont noté que 710 d'entre eux, soit près de la moitié, étaient corrélés avec l'usage des agonistes de la dopamine , et plus particulièrement le pramipexole (410 cas) ou le ropinirole (188 cas).

Dopamine

Or il s'agit des médicaments utilisés dans le traitement de la maladie de Parkinson. Ces agonistes dopaminergiques stimulent les récepteurs de la dopamine, lesquels sont liés à la motricité. Mais "il existe d'autres récepteurs de la dopamine dans notre cerveau, notamment dans la région limbique , importante pour les humeurs et le comportement", détaille à metronews le professeur Mathieu Zuber, chef du service de neurologie de l'hôpital Saint-Joseph (Paris). Résultat : "La stimulation de ces récepteurs peut aboutir à ces comportements anormaux."

En France, les premières alertes de l'Afssaps (ancien nom de l'ANSM) concernant ces médicaments datent de 2008. Des études ont souligné une modification du comportement chez 12% des patients parkinsoniens recevant ce type de traitement. Cela n'engendre pas forcément des conséquences spectaculaires. Le plus souvent, les patients développant ce type de symptômes seront seulement plus irritables ou se découvriront une tendance à aller jouer sur internet.

Excellent médicament

Les agonistes de la dopamine n'en restent pas moins un "excellent médicament". Le professeur Zuber explique que "le risque est assumé, tant qu'il est précisé en toute transparence". Ainsi, dès que le diagnostic de Parkinson est posé, les professionnels avertissent le patient et son entourage : "Si vous notez un changement de comportement vis-à-vis de l'argent, du jeu ou des personnes de l'autre sexe, n'hésitez pas à nous le signaler très vite", leur dira-t-il.

Dans les cas où ces comportements anormaux se développent, les neurologues cessent le traitement : "Les gens retrouvent un comportement normal en quelques heures. L'amélioration est spectaculaire." Mais les patients ont toujours besoin de stimuler leur système dopaminergique. Les soignants se tourneront alors vers une deuxième classe de médicaments, qui augmenteront le taux de dopamine dans le cerveau .

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