Les orthoptistes pourront prescrire des lunettes, les ophtalmos voient rouge

Les orthoptistes pourront prescrire des lunettes, les ophtalmos voient rouge

SANTÉ - Les députés ont adopté vendredi soir l'extension des compétences des orthoptistes, qui pourront notamment prescrire des lunettes. Une décision qui braque les ophtalmologistes, au nom de la qualité des soins.

Malgré les nombreuses oppositions, l'Assemblée nationale a voté vendredi soir en faveur d'activités élargies pour les orthoptistes, qui pourront notamment prescrire des lunettes, sans consultation chez un ophtalmologue. 

La mesure à l'article 40 du projet de budget 2022 de la Sécu est à l'origine d'une grève depuis vendredi et jusqu'au 31 octobre des ophtalmologistes contre ce qu'ils voient comme une "dégradation de la qualité des soins" avec l'accès direct à ces professionnels paramédicaux. Les ophtalmos, qui affichent douze ans d'études de médecine contre trois pour les orthoptistes, crient au risque pour la santé de leurs patients et refusent de lâcher leur expertise au profit de ces derniers. 

"La concertation a eu lieu depuis fin mars" et "nous allons être précis dans le décret" d'application sur les tranches d'âge concernées - 16 à 42 ans a priori - ou la prescription de correction de lunettes ou lentilles autorisée pour les orthoptistes, a assuré la ministre Brigitte Bourguignon devant les députés.

80 jours d'attente avant un rendez-vous

Le gouvernement défend à l'inverse une mesure à même de faciliter l'accès aux soins visuels pour les Français, compte tenu des délais d'attente pour les rendez-vous chez l'ophtalmo. Les délais moyens d’attente étaient en 2018 de 80 jours, avec des écarts régionaux importants, selon les chiffres du gouvernement. Mais le Snof avance une étude plus récente montrant des délais en nette baisse.  

Nous avons essayé de prendre un rendez-vous à Belfort, 50 000 habitants. Il n'y a aucun créneau avant le 1er décembre. Pour Loïc Callué, orthoptiste à Dijon, ce projet de loi serait une solution pour réduire les délais et ne présente aucun risque pour les patients. "Dans notre formation, on nous apprend à détecter les pathologies qu'il peut y avoir. Et ce sont les ophtalmologues eux-mêmes qui nous apprennent. Et on sera également réorienté vers les médecins si on se rend compte qu'il y a quelque chose."

Plus tard dans la soirée, l'Assemblée a voté en faveur de l'expérimentation d'un accès direct, sans ordonnance, aux kinésithérapeutes ainsi qu'aux orthophonistes exerçant dans une structure de soins coordonnés. Ces expérimentations doivent se tenir dans six départements et durant trois ans. Cela vise à faciliter les soins dans les zones où il y a peu de médecins, ces déserts médicaux que le gouvernement peine à pallier.

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