Les particules fines, un danger pour votre santé (même sans pic de pollution)

Les particules fines, un danger pour votre santé (même sans pic de pollution)

POLLUTION – En moyenne, les jours sans pic de pollution, les Parisiens inspirent 200.000 particules fines par litre d'air. Mais en quoi est-ce dangereux ?

Respirer peut nuire gravement à la santé. Chaque année dans le monde, 1,3 million de personnes meurent en raison de la pollution de l'air des villes, souligne l'OMS . Et les habitants des villes où la pollution atmosphérique est forte souffrent davantage de problèmes respiratoires, de cancer du poumon et même de maladies cardiaques que ceux des villes où l'air est plus sain.

EN SAVOIR + >> La pollution comparée au tabagisme passif

Alvéoles pulmonaires bouchées

"Quand vous respirez, vous inspirez de l'air, explique à metronews le docteur Patrice Halimi, secrétaire général de l'Association Santé Environnement France (ASEF). L'air rentre par les voies respiratoires et arrive dans les poumons, tout comme les particules très fines qu'il contient." Les Parisiens inspirent ainsi 200.000 particules fines par litre d'air un jour sans pic de pollution. Celles-ci peuvent faire des dégâts :

"C'est comme s'il y avait des grumeaux dans le flux d'air", poursuit le docteur Halimi. Chaque litre d'air inspiré va ainsi provoquer une irritation et entraîner une contraction des bronches. C'est-à-dire de l'asthme.
Les alvéoles pulmonaires vont également finir par être bouchées, "ce qui favorise les insuffisances et infections respiratoires".

Risque de maladies cardiovasculaires

Les particules fines ne vont pas toucher que les poumons et les voies respiratoires : "La pollution chronique est une catastrophe lente qui grève notre avenir respiratoire et cardiaque." Les personnes exposées pendant des années à des niveaux élevés de particules en suspension présentent un risque plus élevé de maladies cardiovasculaires, rappelle l'OMS .

En effet, dans les alvéoles, là où se déroulent les échanges O2/CO2 avec le sang, "les particules fines et ultrafines vont passer dans le sang". Résultat, avec des "grumeaux" dans le sang, le risque d' infarctus du myocarde et d' AVC augmente.

Pollution de fond

Lors des pics de pollution, les personnes asthmatiques risqueront donc davantage de faire une crise d'asthme et les personnes en insuffisance respiratoire d'être hospitalisées. Mais "ce qui est beaucoup plus dangereux, c'est la pollution de fond que nous respirons tous les jours", alerte le secrétaire général de l'ASEF. Ainsi, les enfants qui vivent dans des endroits à haut taux de micro-particules ont deux fois plus de risque de développer de l'asthme que les autres, souligne l'étude Isaac .

Comment lutter contre ces particules fines, qui ôterait aux Franciliens près de six mois d'espérance de vie ( étude APHEKOM coordonnée par l'Institut de veille sanitaire ) ? "Si les impacts sont personnels, la solution est collective", note le docteur Halimi. Car on a beau vous recommander de ne pas faire du sport à côté du boulevard périphérique, c'est pourtant bien là que se trouvent la plupart des stades et terrains de foot parisiens.

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