Les rendez-vous manqués chez le médecin vont-ils bientôt être facturés ?

Santé

SANTÉ - Une association de médecins a lancé une pétition pour demander la facturation des rendez-vous médicaux programmés mais non honorés. Perte de temps, engorgement... l'association dénonce "une dérive consumériste des soins".

Faudra-t-il bientôt mettre la main au portefeuille après avoir oublié son rendez-vous chez le médecin ? C’est l’idée du syndicat de l’Union française pour une médecine libre (UFML), qui a lancé le mois dernier une pétition afin de demander la facturation des rendez-vous médicaux manqués.

En cause, l’augmentation des absences chez le médecin malgré la prise de rendez-vous. L’UFML estime ces oublis à 28 millions chaque année, "alors que les urgences hospitalières souffrent d’une augmentation des entrées avec 21 millions de passages par an", précise le syndicat. Ces absences représentent en moyenne 40 minutes de perdues par jour en France pour chaque médecin et 6 consultations non respectées par semaine, selon une étude menée par les Unions régionales de professionnels de santé en 2015

En Belgique, des absences facturées 15 euros

"Diminuer le nombre de consultations non honorées, c’est libérer du temps de soin, donner de la disponibilité de rendez-vous aux patients, et diminuer une part des passages aux urgences", argumente l’UFML, qui dénonce "une dérive consumériste du soin". Le syndicat demande une modification du code de la santé publique, qui stipule actuellement que les honoraires du médecin "ne peuvent être réclamés qu’à l’occasion d’actes réellement effectués", et qui ne permet donc pas de facturer des rendez-vous non honorés.

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Dans certains pays étrangers, la demande de l’UFLD est déjà effective. Ainsi, en Belgique, le code de déontologie de l’ordre des médecins précise qu’une "indemnité de 15 euros sera réclamée en cas de non présentation". En Suisse, un rendez-vous manqué ou annulé trop tard peut également être facturé, si le médecin réussit à prouver que l’absence lui a bien porté préjudice. En France, seul Doctolib agit contre ces abus. La plateforme, qui met en relation les patients et les professionnels de santé, bloque la prise de rendez-vous pour un patient ayant déjà posé à 3 reprises un lapin à son médecin. Peu de chances cependant que les demandes de l'UFLD soient entendues, et que le code de la santé publique soit modifié. Mise en ligne depuis un mois, la pétition n'a, à ce jour, recueilli que 1.800 signatures.

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