Les traitements anti-puces pour animaux dangereux pour nos enfants

Les traitements anti-puces pour animaux dangereux pour nos enfants

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SANTÉ – Les traitements antipuces pour animaux de compagnie ne seraient pas sans danger pour nos enfants. Nos confrères de Libération mettent ainsi en lumière les résultats d'une étude de l'Inserm pointant du doigt le fipronil, la perméthrine et la tétraméthrine… Des substances chimiques toutes présentes dans ces produits, aux conséquences graves.

L'affaire est sérieuse. On le sait, les traitements antipuces de nos animaux de compagnie contiennent des produits chimiques. Ce qu'on ignorait plus, en revanche, c'est que ces produits pouvaient être dangereux pour nous, et en particulier pour nos enfants, dans la mesure où ils sont en contact avec l'animal. C'est ce que révèle en effet un article de Libération, qui a interrogé des chercheurs de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). 


Ces derniers estiment que des produits présents dans ces traitements pour animaux (collier, spray ou pipette), telles que la perméthrine et la tétraméthrine, provoquerait une "baisse significative" des performances cognitives des enfants de moins de 6 ans, "en particulier de la compréhension verbale et de la mémoire de travail". En ligne de mire également : le fipronil,  déjà pointé du doigt dans de la crise des œufs contaminés à l'été 2017 et interdit depuis 2004 pour les agriculteurs français. Une autre étude a démontré que ce produit entraîne chez les rats des modifications cérébrales semblables à la maladie d’Alzheimer.  Fait étonnant : en plus d'être dangereux, le fipronil ne serait même plus efficace, les tiques et les puces étant devenus plus résistantes.

"Cette nouvelle découverte doit absolument et urgemment conduire les autorités à se demander s'il ne serait pas temps de réévaluer l'autorisation du fipronil dans les produits pour animaux domestiques, martèle à Libération le chercheur au CNRS Jean-Marc Bonmatin. D'autant que plus on est exposé jeune à cette molécule, plus cela peut avoir des conséquences sur le neuro-développement, car c'est pendant la grossesse et les premières années que se construisent le système nerveux et le cerveau. Et je ne parle même pas de la santé des animaux domestiques". 

Une seule enseigne "fait le ménage"

Mais qu'en pensent les vétérinaires, qui vendent ce genre de produits depuis des années ? "On manque beaucoup d’informations" sur le sujet, explique à LCI Agathe Desche. Même son de cloche du côté de Jacqueline Peker, vétérinaire homéopathe à la retraite, qui n’est "pas du tout surprise" de ces révélations. "Moi je faisais avec. Je donnais des précautions à mes clients, je leur disais : 'Attention aux enfants', 'je ne sais pas ce que je vous donne'. J’ai toujours été persuadée que je servais de caution à tous ces trucs-là (…) On a tout accepté à tort", avoue-t-elle. 


Par principe de précaution, une marque a décidé de réagir. L'enseigne Botanic a ainsi retiré de son rayon animalerie tous les produits à base de pesticides chimiques. Et a informé ses clients qu'ils pouvaient venir rapporter en magasin ces produits. Au profit d'une quarantaine de soins naturels, tels que des pipettes, des shampooings ou des colliers contenant des extraits de margosa (ou neem) et de pyrèthre, reconnus pour leurs propriétés répulsives. "On n’a aucune réglementation ou législation qui nous impose de prendre cette décision mais par engagement et cohérence, il fallait qu’on fasse le ménage", explique Stéphane D’Halluin, en charge des relations extérieures de la marque.  Une bien belle initiative mais pour l'heure, qui reste marginale : aucune autre enseigne n'a souhaité pour l'instant prendre de telles mesures. De son côté, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) n’a pour le moment pas exigé le retrait de ces produits anti-puces chimiques. Mais vous l'aurez compris, n'attendez plus, surtout si vous avez des enfants : mieux vaut se rabattre sur des alternatives naturelles. 

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