Les variants sud-africain et brésilien régressent-ils vraiment en France ?

Le Premier ministre semble faire preuve d'un excès d'optimisme.

CONFUSION - Le Premier ministre a évoqué ce dimanche la situation sanitaire et parlé des variants. Le sud-africain, comme le brésilien a-t-il expliqué, auraient "tendance à régresser". Les chiffres récents viennent pourtant démentir une telle affirmation.

Le Premier ministre Jean Castex s'est déplacé ce dimanche à l’aéroport Roissy Charles-de-Gaulle, alors qu'un renforcement des mesures en vigueur a été institué depuis la fin de la semaine pour les passagers en provenance de destinations à risque. Une quarantaine de dix jours obligatoire est en effet décrétée à l’arrivée de cinq pays (Argentine, Afrique du Sud, Brésil, Chili et Inde), ainsi que pour toutes celles et ceux qui transitent depuis la Guyane. L'objectif est assez clair : réduire les risques liés aux variants dits sud-africain et brésilien, en évitant que des voyageurs contribuent à les diffuser dans l'Hexagone.

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Devant la presse, Jean Castex a pris la parole. L'occasion pour lui d'indiquer que "toutes les précautions" étaient prises, et que les deux variants sous haute surveillance avaient "tendance à régresser". Observe-t-on véritablement leur recul sur le sol français ? Pour le vérifier, LCI s'est plongé dans les données officielles relatives à l'épidémie, qui viennent contredire le bras droit d'Emmanuel Macron.

Une hausse légère

Grâce au suivi épidémiologique réalisé par Santé Publique France, il est possible de suivre la progression des différents variants à l'échelle du territoire. La plateforme Geodes permet ainsi de récupérer des données agrégées depuis le 18 février. Une fois mises en forme, il est possible de les représenter graphiquement : c'est ce qu'a fait LCI avec l'infographie ci-dessous (cliquez ici si elle ne s'affiche pas) en prenant , pour chaque point, la moyenne des cas de variant sur 7 jours. 

Cette courbe est instructive : elle nous montre en un coup d'œil que la part des variants brésilien et sud-africain est restée assez stable au cours des deux derniers mois. Le "pic" le plus important a été observé le 1er mars, période où ces deux souches représentaient 5,5% des détections. Depuis lors, et jusqu'au 12 avril, une baisse lente s'est amorcée, jusqu'à atteindre 3,8%. Si l'on aurait pu jusqu'à cette date parler d'une régression lente de ces variants, il n'est en est rien aujourd'hui. En effet, la tendance est de nouveau haussière, si bien qu'au 21 avril (date des dernières données disponibles), ces variants représentaient 4,7% des détections. 

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Il faut noter que le Conseil scientifique, dans un avis du 16 avril, a mis en garde contre "un risque d’extension", et ce à un horizon assez proche puisque les scientifiques se projettent à "l’été 2021". De quoi tempérer quelque peu les propos du Premier ministre. Par ailleurs, notons que la part de ces variants a presque doublé en quelques jours dans une région comme l'Île-de-France (passant de 4,5 à 8,4%), et qu'ils dépassent les 10% dans 5 départements métropolitains. Le plus touché est la Haute-Saône (23,4%), tandis que suivent la Creuse (20,9%), la Moselle (16,1%), le Val-de-Marne (12,7%) et les Vosges (12,1%) (Voir dans la vidéo ci-dessous la situation dans la Creuse).

En vidéo

Variants brésilien et sud-africain : inquiétude dans la Creuse

En résumé, il est donc inexact d'affirmer comme le fait Jean Castex que les souches des variants sud-africain et brésilien ont "tendance à régresser". La tendance est plutôt à la hausse, même s'ils restent encore assez largement minoritaires. La vigilance demeure de mise, en particulier pour le variant brésilien dont le Conseil scientifique redoute une prolifération dans l'Hexagone durant l'été.

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