Les visuels détournés d'une campagne pro-vaccin se propagent dans la sphère "antivax"

Les visuels originaux de cette campagne de communication incitent à la vaccination.

RETOUCHES - Pour inciter sa population à se faire vacciner, la municipalité belge de Charleroi a lancé une campagne de communication dans la ville. Les slogans ont été rapidement détournés en ligne et relayés par des militants hostiles aux vaccins.

En Belgique comme en France, les autorités tentent d'inciter un maximum de personnes à se faire vacciner, afin de réduire la propagation de l'épidémie de Covid-19 et de protéger les patients à risque. La mise en place de campagnes de communication à destination des populations suscite des réactions mitigées. En ligne, des messages tournant en dérision les recommandations sanitaires sont diffusés. Ils s'appuient sur des affiches bien réelles, dont les propos ont été transformés à l'aide d'outils de retouche.

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Des messages issus d'une campagne nationale

"Pour crever d'une thrombose, demain je me vaccine", peut-on lire sur l'une des affiches partagées sur les réseaux sociaux. Une référence directe aux rares cas enregistrés suite à des vaccinations, reconnus par l'Agence européenne du médicament. Une autre inscription figure en plus petit : le renvoi vers le site internet de la ville wallonne de Charleroi, laissant supposer que la municipalité est à l'origine de cette campagne de communication.

Au fil des jours, d'autres affiches surprenantes ont fleuri sur Facebook ou Twitter. "J'ai 100% confiance en mon gouvernement, demain je me vaccine", dit l'une d'elles, "C'est sûr et certain, Big Pharma veut mon bien, demain je me vaccine", annonce une autre. Parfois, la référence est plus locale : "Pour que les travaux de la ville haute se terminent, demain je me vaccine", lit-on également dans une autre version. S'il s'agit à chaque fois de détournements, certains sont mieux réalisés que d'autres. On note sur les plus réussis le soin apporté à la cohérence des polices d'écriture, ainsi qu'aux reflets sur les vitres permettant d'observer la silhouette d'un photographe. 

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S'agit-il d'images créées de toutes pièces ? Pas totalement. En réalité, une campagne de communication de la ville de Charleroi a été utilisée comme source d'inspiration. Des internautes ont ainsi posté les images des véritables slogans, tels que "Pour voyager à l'étranger, demain je me vaccine". Des incitations vues comme une forme de chantage par les plus critiques.

"Nous nous sommes limités à relayer mot pour mot les messages et slogans déjà déployés par la Wallonie et le [gouvernement] Fédéral depuis des mois. Dans le cadre de la campagne de vaccination, il est demandé aux communes de contribuer à l’effort de communication. Ce que nous avons fait en nous inscrivant stricto sensu dans les lignes définies par les instances supérieures", a indiqué au média belge 7 sur 7 une porte-parole de la municipalité de Charleroi. On retrouve en effet ces différents messages sur un site officiel piloté par les autorités wallones. 

Notons que la ville a vu sa campagne décriée au-delà des rangs des "anti-vaccins", puisque des représentants du secteur de la restauration et des cafés sont également montés au créneau. Le message "Pour aller au restaurant demain, je me vaccine", les a faits bondir. "Nous sommes instrumentalisés", ont notamment estimé leurs représentants. Ils ont déploré une opposition entre leur secteur d'activité et "celui des soins de santé", estimant que l'on réalisait  "de la propagande" sur leur dos.

Bien qu'elle suscite des réactions pour le moins mitigées, la campagne de communication de la ville de Charleroi n'a à aucun moment comporté des messages hostiles à la vaccination, bien au contraire. Les détournements qui ont fleuri en ligne ont cherché avec plus ou moins de réussite à tourner en dérision la campagne de vaccination, voire parfois à partager des messages hostiles aux vaccins.

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