L’étude du jour : des bactéries pour traiter le cancer

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CANCER - Un jour, nous guérirons peut-être les cancers en injectant des bactéries dans les tumeurs. C’est la promesse d’une nouvelle étude, réalisée sur des chiens et une personne.

C’est ce qui s’appelle traiter le mal par le mal : des bactéries pourraient être utilisées pour traiter certains cancers incurables, selon une nouvelle étude parue dans la revue Science Translational Medicine. Injecter ces organismes vivants directement dans les tumeurs pourrait permettre de les réduire voire de les éliminer, selon ces recherches menées sur des chiens et un humain, rapporte Mitch Leslie , contributeur du site Internet de la revue.

Cette méthode  n’est pas nouvelle : elle aurait été observée pour la première fois il y a plus de 100 ans, par le chirurgien William Coley . Plus de 1 000 patients auraient ainsi été traités, par le biais de bactéries mortes introduites directement dans la tumeur ou dans le sang. Puis les chimiothérapies et les radiations ont fait leur apparition, et ont relégué les méthodes de Coley au rang d’archives de l’histoire de la médecine.

16 chiens

Depuis, des chercheurs avaient essayé à nouveau de développer ces traitements, sans succès probant. Jusqu’à cette nouvelle étude, qui utilise une nouvelle bactérie, Clostridium novyi, une cousine de la toxine responsable du botulisme.

Les chercheurs ont d’abord testé leur nouveau cheval de Troie sur des rats, ayant pour résultat de prolonger leur vie. Puis seize chiens ont subi des expériences : pour six d’entre eux la tumeur a diminué ou a disparu, et pour cinq autres, elle s’est stabilisée.

La patiente parvenait à bouger à nouveau son bras

La bactérie a enfin été injectée sur une femme, dont les métastases s’étaient répandues dans plusieurs parties du corps, dont l’épaule droite. Avec une dose équivalente à seulement 1 % de ce qu’avaient reçu les chiens, la tumeur sur l’épaule s’est réduite, et la patiente fut capable de bouger à nouveau son bras. Elle décéda finalement du fait d’autres métastases, qui n’avaient pas été traitées avec la bactérie en question.

Si cette thérapie contient de nombreux effets secondaires liés à l’infection causée par la bactérie, ses résultats sont “encourageants”, selon le docteur Saurabh Saha, qui a mené l’étude. “Nous en sommes encore au début de nos recherches et nous avons besoin de tester plus avant la sécurité et l’efficacité du dispositif”, prévient-il cependant. Affaire à suivre…

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