L'étude du jour : plus de risque de psychose avec de la skunk que le shit

L'étude du jour : plus de risque de psychose avec de la skunk que le shit

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MARIJUANA – Le type de cannabis que vous fumez serait un facteur de risque plus conséquent que la fréquence à laquelle vous roulez un joint. C'est une étude menée par des chercheurs anglais qui le révèle.

Fumer du haschich serait en fait moins risqué que fumer de la beuh. Cela signifie que le cannabis serait moins dangereux en résine que sous forme d'herbe. Du moins en matière de risque de développement de troubles psychotiques (vision erronée de la réalité, délire, hallucinations auditives et visuelles...). C'est ce que révèle un article publié dans la revue scientifique The Lancet Psychiatry ( disponible en intégralité et en anglais ici ).

D'autres études avaient déjà mis en avant le lien entre consommation de cannabis et risque accru de développer une psychose de type schizophrénie. Là où cette recherche dénote, c'est qu'elle est la première à avoir comparé les effets de la " skunk ", cannabis fortement dosé en THC (15%) et presque sans cannabidiol (CBD inférieur à 0,1%), et le haschich , dont le taux de THC est moindre (5%) et celui de CBD plus élevé (4%). Et pas sans raison : le cannabidiol diminuerait les effets du THC. 

Fumer du hasch = risque zéro

Les résultats de cette étude renversent les idées reçues sur le cannabis :
ceux qui fument du hasch occasionnellement, tous les week-ends ou même tous les jours n'ont pas plus de risque de développer une psychose que ceux qui n'ont jamais fumé ;
par rapport aux non-consommateurs de cannabis, ceux qui fumaient de la skunk avaient plus de risque d'être victime d'un premier épisode de trouble psychotique :
- deux fois plus s'ils fumaient peu (moins d'une fois par semaine),
- trois fois plus s'ils fumaient le week-end,
- cinq fois plus s'ils étaient des consommateurs quotidiens.

Les chercheurs écrivent ensuite que 24% des psychoses dans le sud de Londres, là où leur étude a été menée, seraient attribuables à la consommation de skunk (et 16% à la consommation quotidienne), pour autant que l'on admette que ces épisodes de trouble psychotique sont causés par la consommation de skunk. Attention, cela ne signifie pas que cette étude prouve un lien de cause à effet entre fumette et psychose – il faut attendre que d'autres études reproduisent ces résultats. Mais, si tel est le cas, cela souligne la nécessité d'une prise de conscience des risques associés à la consommation de cannabis fortement dosé en THC.

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