L’étude santé du jour : bientôt un diagnostic précoce et plus fiable de la maladie d'Alzheimer

L’étude santé du jour : bientôt un diagnostic précoce et plus fiable de la maladie d'Alzheimer

SANTÉ – Cette maladie, qui touche près d'un million de personnes en France, demeure complexe à diagnostiquer de manière sûre. A l'aide de biomarqueurs, il va devenir possible da savoir plus tôt et avec certitude si la personne a Alzheimer ou non.

Affiner le diagnostic de la maladie d’Alzheimer, tel était le défi de l’équipe internationale de recherche coordonnée par le Pr Bruno Dubois, au terme de neuf années d’études. Publiée dans la revue médicale britannique The Lancet Neurology, l’issue de l’étude semble bien relever l’objectif : dresser des critères plus spécifiques, grâce à des marqueurs biologiques, permettant d'obtenir un diagnostic plus fiable et précis sur cette maladie neurodégénérative. Elle touche quelque 40 millions de personnes dans le monde et près d'un million en France. Un chiffre qui pourrait triplé d’ici 2050. C’est dire l’importance de l’enjeu et celle de l’étude.

Car si la perte de mémoire, d’autonomie, de repères spatio-temporels, les troubles du comportement, l’aphasie… sont bien des symptômes de la maladie, ils n’en sont pas pour autant spécifiques. On ne pouvait ainsi jusqu’ici n’évoquer qu’une "probabilité de pathologie". Un tiers des patients se verraient aujourd’hui encore diagnostiqués à tort. Un essai thérapeutique passé relevait ainsi 36% de "faux malades" d'Alzheimer.

"Un diagnostic plus sûr et plus précoce"

"Grâce à cette nouvelle approche, il sera désormais possible de faire le diagnostic de manière plus sûre et plus précoce", a déclaré le professeur de neurologie Dubois, chercheur à l 'Inserm  (Institut national de la santé et de la recherche médicale). "La maladie ne pouvait jusqu'à maintenant pas être diagnostiquée de manière certaine à un stade précoce". Il fallait alors attendre la démence ou la mort du patient pour pouvoir examiner avec certitude les lésions provoquées par la maladie dans le cerveau.

"On est au bout du chemin, on arrive à l’essentiel, à quelque chose d’épuré, émanant d’un consensus international", insiste le Pr Bruno Dubois. Un consensus obtenu après l’analyse d’études cliniques parues sur la maladie à partir de deux profils spécifiques. Les cas typiques (80 à 85%), caractérisés par des troubles de la mémoire épisodique à long terme, des troubles du rappel volontaire de souvenirs, telle la difficulté à répondre à une question simple sur son passé par exemple. Et les cas atypiques (15 à 20%) associés aux troubles de la mémoire verbale (difficulté à trouver les mots par exemple) ou troubles du comportement (agitation, anxiété etc.).

Reste encore à trouver le traitement efficace

Chaque profil a dû être confirmé par au moins un marqueur biologique : une ponction lombaire montrant des teneurs anormales de protéines cérébrales dans le liquide céphalorachidien ou une tomographie par émission de positons (TEP) du cerveau, un examen d'imagerie permettant de visualiser les activités des tissus.

Et si cette détection fiable, simplifiée et précoce de la maladie n’entraîne pas de facto un traitement efficace de la maladie dans l’immédiat, elle facilitera la recherche conclut le chercheur. Un peu d’apaisement aussi pour les 78% de français qui craignent de devenir dépendants (baromètre BVA santé publié lundi 30 juin 2014).

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