L'étude santé du jour : de l'exercice entre amis pour freiner le vieillissement

L'étude santé du jour : de l'exercice entre amis pour freiner le vieillissement

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VIEILLIR - Pour freiner les effets de l'âge et le vieillissement du cerveau, une étude affirme qu'il faut non seulement rompre sa solitude, mais aussi pratiquer régulièrement de l'exercice physique. Une manière de "tirer avantage de notre plasticité cérébrale", selon les chercheurs.

Sédentarisation, manque d'exercices, hygiène de vie négligée, éloignement des personnes proches et solitude… Vieillir n'est pas une sinécure et peut conduire à accroître le taux de mortalité accrue chez les plus de 65 ans, qui sont souvent seuls et peu actifs. Une évidence ? Peut-être. Mais elle est aujourd'hui vérifiée et mise en lumière par une étude réalisée par des chercheurs américains, dont John Cacioppo, professeur de psychologie de l'Université de Chicago, qui s'est exprimé dimanche lors de la conférence annuelle de l'Association américaine pour l'avancement de la science, à Chicago.

"Se sentir extrêmement seul peut accroître de 14 % le risque de mort prématurée chez une personne âgée. L'impact est aussi néfaste que le fait d'être défavorisé socialement", a-t-il affirmé, en s'appuyant sur plusieurs études scientifiques publiées en 2010. Ces travaux menés sur un groupe de 20.000 personnes révèlent que le sentiment de grande solitude s'accompagne d'un sommeil perturbé, d'une tension artérielle élevée, d'une altération des cellules immunitaires et d'un accroissement des états dépressifs. Par ailleurs, bien souvent la solitude s'accompagne d'une hygiène de vie sédentaire, un facteur qui contribue nettement à affaiblir l'état de santé.

Inverser le vieillissement cérébral de 2 ans

L'exercice, comme le simple fait de marcher régulièrement à vive allure, peut réduire de près de moitié les risques cardiovasculaires et de développer la maladie d'Alzheimer. L'activité physique freine aussi le vieillissement normal du cerveau des personnes plus âgées, a expliqué à l'AFP, Kirk Erickson, professeur de psychologie à l'université de Pittsburgh, en marge de la conférence. Avec l'âge, le cerveau se réduit, et l'activité physique permet d'en améliorer le fonctionnement général et d'accroître le volume de l'hippocampe de 2 %, ce qui revient à inverser le vieillissement cérébral de un à deux ans, selon lui, une étude sur 120 personnes de 65 ans et plus à l'appui.

"Cette recherche démontre que le cerveau continue à se modifier avec l'âge", a souligné ce chercheur. Même "si le cerveau à tendance à rétrécir en vieillissant, ce processus ne paraît pas aussi inéluctable et l'exercice physique semble parfait pour tirer avantage de cette plasticité cérébrale", a poursuivi Kirk Erickson. De plus, "il n'est pas nécessaire de faire beaucoup d'exercice pour obtenir cet effet", a-t-il relevé tout en concédant ne pas encore être en mesure de déterminer la fréquence, la durée et l'intensité permettant une réponse optimale du cerveau. Un constat qui n'est pas sans rappeler plusieurs études sur Alzheimer, certaines affirmant que les patients avaient besoin d'être entourés pour stimuler leurs capacités cognitives et donc, freiner la dégénérescence du cerveau.

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