L'étude santé du jour : découverte d'un gène résistant au virus du sida

L'étude santé du jour : découverte d'un gène résistant au virus du sida

DirectLCI
SIDA - Des chercheurs américains sont parvenus à recréer puis injecter un gène très rare, résistant au VIH, à des patients infectés par le virus. Six d'entre eux ont pu stopper leur traitement pendant 12 semaines. Des résultats très "prometteurs" pour la mise au point d'un traitement curatif.

Les chercheurs travaillant sur le VIH, le virus du sida, n'en finissent pas de se montrer enthousiastes face aux nombreuses avancées scientifiques. En témoignent ces bébés naissant séropositifs et guéris, ou en état de "rémission fonctionnelle", après avoir été traités dès les premiers instants de leur vie. Et puis, il y a le fameux "patient de Berlin", l'Américain Timothy Brown, déclaré guéri après avoir reçu une greffe de moelle osseuse d'un donneur présentant la mutation génétique CCR5. C'est cette mutation, présente chez seulement 1 % de la population, que des chercheurs américains ont étudié avec grand intérêt, pour sa résistance naturelle face au virus du sida.

Mercredi, ils ont publié les résultats de leurs recherches dans le New England Journal Of Medicine , dans lesquels ils affirment être parvenus à modifier génétiquement des cellules immunitaires de 12 malades infectés par le VIH pour recréer ce gène résistant. Après avoir reçu une forte injection de cette mutation génétique, six des douze patients, traités entre mai 2009 et juillet 2012, ont pu arrêter pendant trois mois leur thérapie antirétrovirale.

Des résultats très prometteurs pour éradiquer le virus

"Ces cellules modifiées transfusées dans l'organisme des malades ont persisté dans leur corps et permis potentiellement de réduire la charge virale sans utiliser d'antirétroviraux", explique le Dr Carl June, professeur d'immunothérapie à la faculté de médecine de l'Université de Pennsylvanie et principal auteur de ces travaux. "Cela renforce notre conviction que des cellules immunitaires T sont la clé pour éliminer le besoin de prendre des antirétroviraux toute sa vie, ce qui peut potentiellement conduire à une forme de guérison", selon ce chercheur.

Cette approche s'est aussi montrée prometteuse pour supprimer le virus. La charge virale - le taux de VIH dans le sang - a fortement baissé chez quatre des patients ayant arrêté de prendre des antirétroviraux pendant 12 semaines. Chez un des malades ayant hérité d'une partie de la mutation génétique CCR5, la charge virale était indétectable.

"Ces résultats sont potentiellement importants", a jugé le Dr Anthony Fauci, directeur de l'Institut américain des allergies et maladies infectieuses, qui a financé cette recherche. Toutefois, "nous sommes encore loin d'avoir quelque chose qui puisse être applicable cliniquement à des personnes infectées par le VIH", a-t-il dit à l'AFP, ajoutant qu'il ne faisait "aucun doute que c'était prometteur". Un nouvel espoir donc, pour les 34 millions de personnes infectées par le VIH dans le monde.

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter