L'étude santé du jour : des résidus de pesticides retrouvés sur des enfants

L'étude santé du jour : des résidus de pesticides retrouvés sur des enfants

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ENVIRONNEMENT - Pour alerter sur les multiples expositions aux pesticides classés comme perturbateurs endocriniens auxquels sont confrontés certains enfants, l'association "Générations Futures" a publié une étude dans laquelle elle démontre la présence de ces substances dans des cheveux d'écoliers.

Ils sont partout, même dans des endroits que l'on soupçonne le moins. Les pesticides agricoles ne sont pas uniquement nocifs pour l'environnement, ils le sont aussi pour la santé des hommes, affirme l'association "Générations Futures" dans une récente étude. Appelée "Exppert", cette dernière a mis en évidence la forte exposition d'enfants vivant dans des milieux ruraux à plusieurs pesticides perturbateurs endocriniens. Un cocktail qui, à terme, peut avoir de graves conséquences.

Les perturbateurs endocriniens (PE) sont des substances qui peuvent interférer avec le fonctionnement du système endocrinien et induire de nombreux effets néfastes sur l’organisme d’un individu ou sur ses descendants. Le fœtus et le jeune enfant y sont particulièrement vulnérables. On les trouve notamment dans les contenants alimentaires et les produits d'hygiène et de beauté. De nombreux pesticides sont également des perturbateurs endocriniens avérés ou fortement suspectés.

Une vingtaine de résidus différents par enfant

Dans son enquête, l'association s’est intéressée à l’exposition de 29 enfants majoritairement en âge d’être scolarisés (de 3 à 10 ans) vivant dans des zones agricoles. Leurs cheveux ont été prélevés par les parents et envoyés à un laboratoire indépendant. "13 enfants vivent dans des zones de grandes cultures (céréales de type maïs, orge, blé), 13 dans une zone viticole, les autres enfants étant dans des zones maraîchères, arboricoles (pommier et cerisier) ou en ville", précise l'étude.

Ainsi, 30 % des enfants sont scolarisés à moins de 50 mètres d’une zone agricole pulvérisée par les pesticides. Pour les 70 % restant, l’école est située à moins de 1 km de tels lieux. La présence 53 pesticides PE ont été recherchés, bien que l'association précise qu'il n'existe à ce jour aucune classification officielle en Europe. Les résultats montrent que dans les 29 échantillons de cheveux, 624 résidus de pesticides PE ont été retrouvés soit une moyenne de 21.52 résidus par échantillons.

L'UE doit trancher

De plus, 13 substances sur 53 ont été retrouvées dans tous les échantillons, dont certaines interdites d'usage en Europe. "La présence de plus de 21 substances pesticides perturbateurs endocriniens en moyenne dans les cheveux analysés montre bien que dans la réalité nos enfants sont exposés à des cocktails importants de ces substances", déclare François Veillerette, porte-parole de Générations Futures qui milite pour que la Commission européenne "publie enfin une définition protectrice des PE".

Si l'UE se met d'accord sur la définition de ce que sont les pesticides PE, une telle décision aura comme conséquence le retrait du marché de telles substances. Un objectif qui ne sera pas sans impact en France, car selon l'Union des Industries de la Protection des Plantes le pays reste le premier utilisateur de pesticides en Europe et le 3e au monde. Outre les pesticides, l'association appelle le gouvernement à faire " de l’élimination de tous les PE " un axe majeur de sa politique de santé environnementale.

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