L’étude santé du jour : dormir dans le noir augmenterait l’efficacité du traitement du cancer du sein

 L’étude santé du jour : dormir dans le noir augmenterait l’efficacité du traitement du cancer du sein

SANTÉ - Une étude préconise aux femmes souffrant d’un cancer du sein de dormir dans le noir total afin de ne pas annuler l’efficacité du tamoxifène, couramment utilisé dans le traitement.

"Et durant votre traitement, limitez la télévision, les ordinateurs et tablettes le soir et pensez à bien éteindre toutes les lumières de votre chambre la nuit." Telles seront bien peut-être les prochaines recommandations prononcées par les oncologues aux patientes atteintes d’un cancer du sein.

Des chercheurs de l' université de Tulane aux États-Unis viennent en effet de découvrir que l'obscurité totale la nuit permettait au tamoxifène, un traitement couramment utilisé contre le cancer du sein, d'agir efficacement sur les cellules cancéreuses. À l'inverse, le moindre filet de lumière couperait court à ses effets.

Une expérience sur des souris malades

Les scientifiques en sont venus à ces conclusions en étudiant des souris porteuses du cancer du sein. Ils ont d'abord exposé durant plusieurs semaines les rongeurs à un rythme circadien normal avec 12 heures de lumière et 12 heures de noir complet. Puis dans un second essai, le même cycle jour/nuit a été reproduit en laissant cette fois une faible luminosité durant la nuit (l'équivalent d'une porte entrouverte). Les résultats sont surprenants : lorsque le noir n'est pas complet durant la nuit, les cellules cancéreuses semblent complètement réfractaires au traitement et résistent.

Cette découverte est un pas de plus dans la connaissance de la mélatonine, l'hormone clé du sommeil qui est directement corrélée à la régulation du rythme jour-nuit. En temps normal, l'épiphyse, une petite glande enfouie dans le cerveau, sécrète progressivement de la mélatonine à la tombée de la nuit avec un pic vers 3 heures du matin avant de diminuer en seconde partie de la nuit. Plusieurs études ont déjà évoqué que le travail de nuit, en perturbant la production de la mélatonine, serait responsable de certains cancers hormonodépendants. Il est notamment établi que le travail de nuit des femmes double leur risque de cancer du sein (après de nombreuses années).

La production de mélatonine stoppée par la lumière

Durant la nuit, la lumière artificielle bloque la production de mélatonine et supprime son rôle protecteur vis-à-vis de certains cancers. Les chercheurs américains de cette nouvelle étude expliquent que les niveaux élevés de mélatonine durant la nuit mettent les cellules cancéreuses en veille et désactivent les mécanismes de leur croissance. Sur ces cellules affaiblies, le tamoxifène est alors efficace et le cancer du sein recule. À l'inverse, quand la production de l'hormone du sommeil est bloquée ou perturbée à cause d'une exposition lumineuse, les cellules cancéreuses semblent se réveiller et deviennent résistantes au tamoxifène. Le traitement devient alors inactif.

Cette découverte rappelle les dangers de l'éclairage nocturne, en particulier celui provenant des tablettes ou smartphones. Plusieurs chercheurs ont en effet récemment alerté sur l'effet perturbant de la lumière bleue de ces appareils sur la mélatonine, deux heures d'exposition pouvant entraîner une réduction de plus de 20 % des niveaux de mélatonine.

L'exposition aux LED, diodes électroluminescentes largement présentes dans les écrans d'ordinateurs et de télévisions notamment, serait également plus perturbatrice sur la sécrétion de la mélatonine que l'exposition aux autres éclairages. En pratique, certains professionnels de santé recommandent à leurs patients - notamment en cas de troubles du sommeil - d'éviter toutes ces sources d'exposition lumineuse en soirée et a fortiori la nuit. Une recommandation qui semble doublement utile aux femmes atteintes de cancer du sein.

Sur le même sujet

Les articles les plus lus

EN DIRECT - Covid-19 : le variant Omicron pourrait devenir majoritaire en Europe "dans les tout prochains mois"

Affaire Hulot : "La justice ne se rend pas dans les tribunaux médiatiques", réagit Emmanuel Macron

Autriche : une chirurgienne ampute la mauvaise jambe, elle est condamnée à une amende

Y a-t-il réellement "91% de fausses couches" chez les mères vaccinées au cours du premier trimestre ?

Covid-19 : Doctolib saturé, comment réserver sa dose de rappel malgré tout ?

Lire et commenter
LE SAVIEZ-VOUS ?

Logo LCI défend l'ambition d'une information gratuite, vérifiée et accessible à tous grace aux revenus de la publicité .

Pour nous aider à maintenir ce service gratuit vous pouvez "modifier votre choix" et accepter tous les cookies.