L’étude santé du jour : et si nous étions devenus monogames par simple peur des MST ?

Santé

ETUDE – Selon des récents travaux la monogamie coïnciderait avec le développement des MST. Une trouvaille qui met un coup à l’explication morale de ce modèle social.

Vous pensez que la monogamie est un choix religieux, voire moral ? Que cette norme sociale largement répandue de nos jours serait le fait d’un besoin impérieux de stabilité conforté par les sacro-saints liens du mariage ?

Voilà qu’une étude vient mettre à mal ce mythe en avançant un argument beaucoup plus terre à terre. La monogamie serait en réalité devenue une nécessité à mesure que les épidémies de MST (maladies sexuellement transmissibles) progressaient. Selon les chercheurs de l'Université de Waterloo au Canada la polygamie aurait connu un sacré coup d’arrêt avec l’émergence des infections sexuellement transmissibles. Après avoir croisé des données concordantes ces scientifiques pensent tenir une théorie solide, publiée dans la revue  Nature Communications .

► Méthodologie : croiser des données pour mettre en place des modèles théoriques
Pour comprendre le lien de cause à effet entre l’évolution de la fidélité et la progression des maladies sexuellement transmissibles, les chercheurs ont croisé les données épidémiologiques et démographiques concernant notamment les populations dites de "chasseurs-cueilleurs", ces sociétés qui aujourd’hui vivent au plus près de l’état de nature.

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► Ce que l’étude a démontré : la polygamie recule avec les épidémies de MST
Deux situations ont été dégagées. Quand une société est importante (environ 300 personnes), les infections sexuellement transmissibles progressent et le taux de fécondité baisse. La monogamie devient la norme et la polygamie est clairement stigmatisée, la société allant jusqu'à punir ceux qui la pratiquent.

Au contraire, au sein d'un petit groupe (de maximum 30 personnes), les MST provoquent des épidémies de courte durée qui ne deviennent pas endémiques. Le taux de fécondité reste fort, la polygamie perdure comme norme sociale dominante.

► Ce qu’il faut en conclure : la nature influencerait la norme sociale ?
"Cette étude montre comment des événements naturels, tels que la propagation des maladies contagieuses, peuvent fortement influencer le développement de normes sociales et nos jugements", explique Chris Bauch, le chercheur responsable de cette étude.

Alors aujourd’hui que l’on contrôle mieux les infections sexuellement transmissibles se dirige-t-on vers une recrudescence des pratiques polygames ? Pour le chercheur la fin du mariage n’est pas pour tout de suite car, lui-même le reconnait, d’autres explications entrent en jeu. Toutefois sa théorie pourrait expliquer comment cette norme sociale s’est érigée en valeur dominante pour être de nos jours confortée par d’autres facteurs.

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