L'étude santé du jour : il vaut mieux rembourser les thérapies que les somnifères

L'étude santé du jour : il vaut mieux rembourser les thérapies que les somnifères

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SOMMEIL - Les somnifères, largement prescrits en France et ailleurs, sont à moyen terme néfastes pour la santé et pour les caisses de l'Etat. Mieux vaudrait rembourser les psychothérapies, plus à même de soigner les insomnies.

Ils seraient, selon des statistiques de la Haute autorité de santé (HAS), quelque 3,5 millions de personnes âgées de plus de 65 ans à consommer régulièrement des somnifères (benzodiazépines et apparentés). Avec, à moyen terme, des conséquences non négligeables sur la santé : pertes d'équilibre conduisant aux chutes et aux fractures, hospitalisation, troubles de la mémoire. Certaines études pointent également du doigt les effets potentiels des benzodiazépines sur le développement d'un Alzheimer. En France, alors qu'il est conseillé de consommer des somnifères sur une période ne dépassant pas 3 à 4 mois, la moyenne s'élève à 7 mois, voire des années chez les plus de 65 ans.

Or, une étude canadienne affirme que les coûts engendrés par la consommation de somnifères, incluant le remboursement par la sécurité sociale et les effets indésirables, sont bien supérieurs à ceux d'une psychothérapie, ou thérapie cognitive-comportementale (TCC). Dharmender Singh, de la Faculté de pharmacie de l'Université de Montréal, écrit dans son mémoire : au Canada, "si l'on avait remplacé graduellement le recours aux somnifères par une psychothérapie, on aurait obtenu une économie de 713 millions de dollars [environ 480 millions d'euros, ndlr] à l'échelle du pays au cours de ces cinq années de référence", affirme-t-il.

11,5 millions de consommateurs en France

Par ailleurs, "la thérapie cognitive-comportementale (TCC) est une intervention non-pharmacologique ayant une efficacité équivalente [aux benzodiazépines, ndlr] et aucun effet secondaire." Selon les observations du chercheur et la littérature scientifique qu'il a étudiée, les effets de la psychothérapie sur le sommeil sont observables de six mois à deux ans après le début de la thérapie. Sans parler des effets bénéfiques sur l'humeur et le moral.

En France, il n'existe pas pour l'instant d'étude comparative sur la question, mais les bienfaits de la psychothérapie sont largement reconnus. Et les effets néfastes des somnifères, à moyen et long terme, aussi. Récemment, l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) alertait d'ailleurs sur une surconsommation de médicaments, les Français étant les champions d'Europe en la matière  : en 2012, 11,5 millions de Français se sont vus prescrire au moins une fois des benzodiazépines.

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