L'étude santé du jour : la poigne, un bon révélateur de l'état de santé

L'étude santé du jour : la poigne, un bon révélateur de l'état de santé

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SANTE - En combinant plusieurs études scientifiques, des chercheurs autrichiens estiment que la mesure de l'âge tout simplement par le nombre d'années ne suffit pas à déterminer l'état de santé réelle de quelqu'un : d'autres tests comme la vigueur d'une poigne est un bon révélateur de l'âge biologique d'une personne.

Une solide poignée de main peut en dire long sur une personne : sa confiance en elle, son dynamisme ou encore son agressivité. Mais la vigueur de la poigne peut aussi être un indicateur de l'état de santé d'une personne, selon des travaux menés par des démographes de l'International Institute for Applied Systems Analysis (IIASA à Vienne). Leur étude, publiée dans la revue Plos One révèle que ce type de test permet de révéler de grandes différences dans les taux de vieillissement dans plusieurs groupes de populations.

Leur recherche est basée sur les résultats d'une cinquantaine d'études menées dans le monde entier sur des groupes de personnes de différents âges. Elles ont permis de montrer que la force de la poigne pourrait être l'une des manières les plus efficaces de mesurer l'âge réel chez les personnes vieillissantes, à l'instar d'autres biomarqueurs comme le déclin mental, la tension artérielle, la force dans les jambes, l'état des artères ou encore la capacité de récupération après un séjour à l'hôpital.

De nouveaux examens de santé


"On trouve un grand nombre de données sur ce test de vigueur de la poigne dans la plupart des recherches importantes sur le vieillissement", précise l'un des coauteurs, Warren Sanderson. Ce dernier a notamment montré que les personnes avec un niveau de formation supérieur vieillissent moins vite que ceux qui ont arrêté leurs études avant le baccalauréat : une femme de 65 ans sans diplôme a une poigne d'une force équivalente à une femme de 69 ans d'un niveau de formation plus élevé.

"Cela suggère que selon une force de préhension caractéristique à leur âge, les personnes de 60 ans ayant un niveau supérieur de formation se sentent plusieurs années plus jeunes que celles ayant fait moins d'études", explique Serguei Scherbov, co-auteur des travaux. Fort de ces résultats, les chercheurs affirment qu'il ne suffit pas de se baser sur l'âge chronologique pour déterminer un état de santé. Et le test de force de la poigne, simple et peu coûteux, devrait faire partie de la panoplie des examens de santé.

"Notre objectif est de mesurer à quel rythme différents groupes de populations vieillissent dans une société", explique Serguei Scherbov. "Si des groupes vieillissent plus vite que d'autres on peut en déterminer les raisons et voir quelles politiques pourraient les aider". Chez les plus jeunes par exemple, la poigne peut prédire certains risques de mortalité. L'une des études analysées, menée en Suède sur 1,14 million d'adolescents suivis pendant 25 ans, indique que ceux avec une poigne d'une force inférieure à la moyenne avaient un plus grand risque de maladies cardiovasculaires.

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