L'étude santé du jour : le bisphénol A pourrait favoriser l'intolérance alimentaire

L'étude santé du jour : le bisphénol A pourrait favoriser l'intolérance alimentaire
Santé

BISPHENOL - Une étude de l’Inra sur des rates en gestation montre que le bisphénol A pourrait bien favoriser les intolérances alimentaires. Une découverte qui reste à confirmer par des essais sur l’homme.

Nouvelle polémique autour du bisphénol A : après être accusé de favoriser des cancers, d’avoir des effets sur le le système reproductif et le système nerveux ou encore d’engendrer des problèmes cardiovasculaire, voici que la molécule autrefois présente dans les biberons et qui tapisse toujours certaines de nos boîtes de conserve est soupçonnée de contribuer à l’apparition d’intolérances alimentaires.

C’est notamment pendant l’allaitement et la grossesse que se situe la phase critique : les nourrissons exposés auraient ainsi beaucoup plus de risque de développer une intolérance alimentaire à l'âge adulte, selon une étude de l'Institut national de la recherche agronomique (Inra).

Une dose pourtant considérée comme “sans risque” pour l’homme

Comment les chercheurs ont-ils procédé? Deux groupes de rates en gestation ont reçu différentes doses de BPA, dont la dose quotidienne de 5 microgrammes (µg) par kg de poids corporel que l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) considère actuellement comme étant sans risque pour l'homme. Le bisphénol a été administré pendant toute la période de la gestation et jusqu'au sevrage des nouveau-nés.

Les rats nés de mères exposées au BPA ont été nourris avec une protéine de blanc d'oeuf à l'âge adulte et ont développé une réaction immunitaire d'intolérance alimentaire, attestée par une inflammation de l'intestin, contrairement aux rats non exposés.

Difficulté de fixer un seuil

Contrairement à ce qu'on pourrait penser, "on s'est aperçu que le bisphénol A avait des effets plus puissants sur le système immunitaire de l'animal à cette dose [5µg/kg de poids corporels] qu'à la dose de 50 µg/kg de poids corporel", note Eric Houdeau, directeur de recherche à l’Inra qui a coordonné l'étude récemment parue dans la revue de biologie expérimentale Faseb, pour qui ce résultat témoigne de la difficulté de fixer une dose quotidienne tolérable sûre pour le BPA.


Antioxydant et plastifiant particulièrement dangereux pour les femmes enceintes en raison de risques pour le futur bébé, le bisphénol A est interdit dans les biberons depuis janvier 2011 dans l'Union européenne. La France est allée plus loin : elle a étendu en 2013 cette interdiction à tous les contenants alimentaires destinés aux enfants de 0 à 3 ans, et l'appliquera à tous les contenants alimentaires à partir du 1er janvier 2015. Mais l'EFSA s'est contentée pour sa part de diviser par dix le seuil toléré pour l'exposition au BPA qui est passé de 50µg/kg de poids corporel à 5µg/kg en janvier dernier.

Après le bisphénol A, les chercheurs de l'Inra ont commencé à se pencher sur les risques éventuels du bisphénol S, une substance qu'on trouve dans les contenants alimentaires depuis 2010 et notamment dans les biberons de nouvelle génération, a-t-il encore indiqué.

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