L'étude santé du jour : le passage à l'heure d'été favorise les crises cardiaques

L'étude santé du jour : le passage à l'heure d'été favorise les crises cardiaques

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SANTE - Une étude réalisée par des scientifiques révèle que le nombre de crises cardiaques augmenterait significativement le lundi suivant le passage à l'heure d'été. Cet effet serait de très courte durée puisque le nombre total de cas pendant la semaine entière ne change pas de la moyenne.

À chaque fin du mois de mars, la question est la même : le passage à l'heure d'été nous prive-t-il d'une heure de sommeil ? Les avis à ce sujet divergent, mais des médecins américains estiment que cet événement aurait bien une incidence sur le corps humain. Et pas n'importe laquelle puisque selon leur étude publiée en ligne dans la revue Open Heart, le nombre de crises cardiaques augmenterait de 25 % aux Etats-Unis le lundi suivant le passage à l’heure d’été.

Un phénomène qui persiste même après avoir pris en compte d'autres facteurs (âge, maladie, temps…), précisent les chercheurs, qui ont présenté leurs travaux à la conférence de l'American College of Cardiology. "Le fait intéressant est que le nombre total de crises cardiaques ne change pas la semaine après le passage à l'heure d'été ", souligne le Dr Amneet Sandhu, principal auteur de l'étude. "Mais ces incidents étaient beaucoup plus fréquents le lundi après le week-end du changement d'heure", ajoute-t-il.

Le manque de sommeil s'ajoute au stress

De nombreuses études scientifiques ont déjà montré que les crises cardiaques se produisent historiquement le plus souvent un lundi matin. Pendant quatre ans, les chercheurs ont comparé les données d'admission d'hôpitaux du Michigan pour cette maladie du cœur le lundi précédant le passage à l'heure d'été et le lundi suivant cet événement. Ils ont trouvé une augmentation significative de cas d'une semaine à l'autre : une moyenne de 32 infarctus le lundi précédant contre 40 la semaine suivante.

Si les raisons de cette hausse sont difficilement explicables, les chercheurs avancent une hypothèse : "Il s'agit peut-être d'une combinaison de facteurs, dont le stress suscité par le fait de commencer une nouvelle semaine de travail combiné à des changements dans le cycle du sommeil, avance le Dr Sandhu. Avec l'heure d'été, tout cela est aggravé par une heure de moins de sommeil" . Quelle qu'en soit la raison, les personnes déjà vulnérables auraient ainsi un plus grand risque après un changement soudain d'heure.

Ces observations montrent l'importance de mobiliser davantage de personnel hospitalier le lundi en question. "Si nous pouvons déterminer les jours quand se produisent des accès de crises cardiaques, on peut se préparer à prodiguer de meilleurs soins aux malades", conclut le Dr Sandhu. Le changement d'heure s'effectuant deux fois dans l'année, l'étude démontre que l'effet inverse est également possible : le mardi suivant le passage à l'heure d'hiver le nombre de crises cardiaques chute de 21 %.

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