L’étude santé du jour : le recours à la chirurgie esthétique lié à une enfance à problèmes ?

Santé

PSYCHO – Une université américaine a étudié la corrélation entre enfance maltraitée et opération de chirurgie esthétique. Les résultats sont impressionnants. Décryptage.

L’estime de soi varie toujours d’une personne à une autre. Toutefois, de nos jours on sait que l’apparence physique reste un marqueur très important pour un très grand nombre. Ainsi nombreux sont ceux qui préfèrent avoir recours à la chirurgie esthétique pour guérir leurs complexes.

Des chercheurs de l’université du Wisconsin aux Etats-Unis ont voulu comprendre les ressorts psychologiques du recours à la chirurgie esthétique en soumettant un groupe de volontaires à des questions sur leurs parcours personnels afin de mieux comprendre les mécanismes qui les avaient poussés à faire ce choix. Et les résultats obtenus sont très intéressants.

► Méthodologie : une cohorte de 100 personnes
Pour mener à bien leurs travaux, les scientifiques ont recruté 100 volontaires qui avaient tous eu recours une, voire plusieurs fois, à la chirurgie esthétique. Ils ont été soumis à un questionnaire à 10 points reprenant une liste de violence et d’abus dont les participants auraient pu être victimes ou témoins dans leur enfance. Les situations recouvraient des abus sexuels ou physiques, des violences sur fond d’alcool etc. Pour chaque réponse positive le volontaire récoltait un point.

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► Ce que l’étude a démontré : des chiffres vertigineux
A la grande surprise des chercheurs les réponses données par les participants ont été extrêmement significatives. Ainsi 81 % des personnes interrogées (qui avaient eu recours à une ou deux rhinoplasties) ont coché au moins une réponse dans la liste ! La moitié des patients avaient quant à eux, coché plusieurs entrées au cours du questionnaire.

► Ce qu’il faut en conclure : les traumatismes liés à l’enfance augmentent l’image négative sur le physique
Ce que l’étude entend démontrer c’est que les situations traumatiques liées à l’enfance augmentent le risque de souffrir de dysmorphophobie . Cette pathologie crée, chez le sujet qui en souffre, une sorte de fixation psychologique sur des complexes physiques le plus souvent très exagérés par le patient. Autrement dit ce dernier à une sensation constante de décalage entre ce que son physique est et ce qu’il devrait être, selon lui.

Dans de nombreux cas cela peut pousser la personne à avoir recours à la chirurgie esthétique à plusieurs reprises dans les situations les plus sévères. Ainsi il convient de se poser les bonnes questions lorsque l'on désire se soumettre à une reconstruction physique. Est-ce un réel besoin ponctuel ou est-ce une façon de réparer des blessures plus anciennes ? Si vous vous posez des questions, n’hésitez pas à en parler avec un professionnel de santé qui saura vous orienter vers la personne adéquate.

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