L'étude santé du jour : le sur-diagnostic de la mammographie affecterait 19% des femmes

L'étude santé du jour : le sur-diagnostic de la mammographie affecterait 19% des femmes

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SANTE - Un rapport publié aux Etats-Unis apporte un nouvel éclairage sur le dépistage du cancer du sein. L'un des principaux outils utilisés, la mammographie, suscite de plus en plus de polémiques liées au risque de sur-diagnostic qui entraîne des examens et traitements inutiles.

Des avantages surestimés, des risques sous-estimés. Aux États-Unis, des chercheurs mettent en garde contre la mammographie, l'un des principaux outils pour dépister le cancer du sein. Un débat très fréquent dans la communauté scientifique. Le principal danger de cette technique est le sur-diagnostic qui affecterait 19 % des femmes, explique le Dr Nancy Keating, professeur adjointe de médecine et co-auteur de cette analyse publiée dans le Journal of The American Medical Association (JAMA).

"Je dis à mes patientes que la mammographie n'est pas un test parfait", explique-t-elle. S'appuyant sur une analyse d'études internationales effectuées au cours cinquante dernières années, les chercheurs estiment que dans un groupe de 10 000 femmes subissant une mammographie annuelle pendant dix ans, environ 190 (1,9 %)d'entre elles seront diagnostiquées d'un cancer du sein. Or, il est impossible avec les techniques actuelles de savoir quelle tumeur restera bénigne ou nécessitera un traitement.

Des progrès à faire dans la technologie

Les chercheurs estiment ainsi que 36 de ces 190 femmes subiront inutilement une intervention chirurgicale, de la chimiothérapie et de la radiothérapie. Par ailleurs, plus de la moitié de cet échantillon total peut s'attendre à un résultat faussement positif qui nécessitera par la suite des tests inutiles et parfois invasifs comme la biopsie. La recherche précise néanmoins que ce test annuel permet une diminution du risque de décéder de ce cancer d'environ 19 % pour toutes les femmes.

"Les données dont nous disposons aujourd'hui suggèrent que cette technique de dépistage surestime les bienfaits et sous-estime les dangers de ce test", conclut le Dr Lydia Pace. Sur ce sujet, l'Institut Gustave Roussy évoque "les progrès à accomplir en imagerie, afin de mieux classer les tumeurs et ainsi éviter des biopsies non nécessaires". Les chercheurs travaillent actuellement sur de nouvelles techniques pour mieux identifier les cancers susceptibles d'être peu évolutifs.

Cette étude a été publiée deux mois après celle de chercheurs canadiens , dont la conclusion est similaire. Ces derniers y expliquent que le dépistage organisé du cancer du sein, généralisé dans les pays développés, entraînerait près de 20 % de cas surdiagnostiqués. En France, l'Assurance maladie invite depuis 2004 les femmes âgées de 50 à 74 ans à subir une mammographie tous les deux ans. Mais selon des statistiques de la Ligue contre le cancer, le taux de participation au programme s’essouffle depuis 2008 pour atteindre les 52 %.
 

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