L'étude santé du jour : les antioxydants, facteurs de cancer ?

L'étude santé du jour : les antioxydants, facteurs de cancer ?

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SANTE - Dans une récente étude, des chercheurs remettent en cause les bienfaits des oxydants que l'on peut trouver sous forme de vitamines. Selon eux, un supplément trop élevé de cette molécule, notamment à cause de compléments alimentaires, favorise le développement de cancers.

Vitamines A, C et E. En compléments alimentaires, elles sont connues et présentées comment étant le meilleur moyen de neutraliser des radicaux libres, des substances produits par l'organisme mais nocives en raison de leur pouvoir oxydant élevé : ils endommagent les cellules, accélèrent le vieillissement et provoquent le cancer. Mais selon des chercheurs du Centre du Cancer à l'Institut de Médecine de Göteborg, ces vitamines censées nous protéger auraient paradoxalement le même effet.

Leur expérience a révélé que ces trois antioxydants ont accéléré le développement de lésions précancéreuses ou de cancers précoces chez des souris et sur des cellules humaines. Or, les chercheurs ont longtemps pensé qu'ils pouvaient aider à prévenir des tumeurs cancéreuses. Mais cette étude publiée dans la revue Science Translational Medicine démontre qu'ils n'ont en réalité aucun effet ou, pire, qu'elles peuvent en accroître le risque chez des personnes vulnérables.

Un risque trois fois plus élevé

Dans cette étude, des souris génétiquement modifiées pour développer de petites tumeurs dans leurs poumons ont été traitées avec des compléments de vitamine E et un médicament antioxydant. "Nous avons constaté que ces antioxydants ont triplé le nombre de tumeurs et aussi fortement accéléré leur agressivité", explique Martin Bergö, principal auteur de l'étude. "Et les antioxydants ont tué ces souris deux fois plus vite", a-t-il ajouté. Et plus les doses étaient élevées, plus grands étaient les effets.

Comment expliquer l'action délétère des antioxydants ? Les chercheurs ont découvert qu'ils stimulent la progression du cancer car en diminuant les taux de radicaux libres, ils faisaient également diminuer la quantité d'une protéine, appelée "p53". Or, cette dernière joue un rôle clé puisqu'elle détruit les cellules tumorales pour éviter qu'elles n'endommagent l'ADN. "Quand nous avons éliminé cette protéine chez les souris et dans les cellules humaines, les antioxydants n'ont plus eu d'effet", précise le professeur Bergö.

Les antioxydants seraient donc particulièrement dangereux pour les personnes ayant de petites lésions ou des tumeurs non diagnostiquées, estiment les chercheurs. Les fumeurs notamment, devraient éviter d'en prendre sous forme de compléments alimentaires. La prochaine étape sera de déterminer quels types de cancers peuvent être causés par ces effets néfastes et, surtout, si ces substances peuvent réduire un risque de cancer chez des personnes en bonne santé, à faibles risques de tumeurs cancéreuses.

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