L'étude santé du jour : les infarctus sont moins bien diagnostiqués chez les femmes

L'étude santé du jour : les infarctus sont moins bien diagnostiqués chez les femmes

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MEDECINE - Les femmes souffrent moins d'infarctus que les hommes, et c'est pour cette raison qu'elles pâtissent plus souvent d'un mauvais diagnostic qui attribue leur malaise à une crise d'angoisse, révèle une récente étude canadienne.

C'est une inégalité flagrante, mise en lumière des chercheurs de l'Université McGill de Montréal : les jeunes hommes reçoivent des soins plus rapidement que les jeunes femmes lors d’un infarctus du myocarde. A l'origine de cette conclusion, une question : comment expliquer une telle différence entre le taux de mortalité des deux sexes lorsqu'il s'agit de cette maladie ? La réponse vient d'être publiée dans le Journal de l’Association médicale canadienne .

Un infarctus du myocarde, appelé crise cardiaque, est déclenché par l’obstruction d’une artère qui alimente le cœur en sang et donc en oxygène. Le principal signal d'alerte est une douleur aiguë dans la poitrine, qui irradie le bras gauche, le dos et la mâchoire. Ce symptôme peut être accompagné d'un malaise, de nausées et de vertiges. On en compte environ 120 000 par an en France, avec un taux de mortalité de 15 %, selon l'Institut national de la santé et de la recherche médical (Inserm ).

Le personnel moins réactif pour les femmes

Les chercheurs ont demandé à 1 123 patients d'hôpitaux, tous atteints du syndrome coronarien aigu, de répondre à un questionnaire dans les 24 heures suivant leur admission. Leurs conclusions ont révélé qu'on pratiquait plus rapidement des électrocardiogrammes et des défibrillations sur les hommes que sur les femmes. Une différence de traitement qui s'explique par le fait que les crises cardiaques sont tout simplement moins détectées chez ces dernières.

"Les patients démontrant des symptômes d’anxiété qui se présentaient pour des douleurs thoraciques qui ne sont pas d'origine cardiaque sont plus souvent des femmes et la prévalence de l'infarctus est plus faible chez elles. Ces résultats suggèrent que le personnel affecté au triage est plus porté à écarter l’hypothèse de l'infarctus pour expliquer le malaise d'une patiente, ce qui expliquerait le délai plus long", explique le Dr Louise Pilote, à l'origine de l'étude.

Avant la ménopause, les femmes auraient quatre fois moins de risque de faire un infarctus que les hommes, précise l'Inserm. Un écart qui se resserre de plus en plus en raison de l'augmentation du tabagisme et de l’obésité chez ces dernières. Attention également aux autres facteurs de risque comme le diabète, l'hypertension artérielle ou les antécédents familiaux. C'est pour cela que selon les chercheurs, il faudrait assurer une gestion des cas plus pointue lorsque des patientes se présentent sans ressentir de douleur thoracique.

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