L'étude santé du jour : perdre du poids ne rend pas plus heureux

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POIDS - Perdre des kilos, lorsque l’on est en surpoids, améliore de façon certaine la santé. Mais ne vous imaginez pas que vous deviendrez soudain plus heureux, car c’est le contraire qui pourrait, du moins dans un premier temps, se produire. Bon à savoir pour éviter une déception !

Cet été, vous avez décidé de perdre des kilos pour être enfin bien dans votre maillot de bain, et vous vous prenez déjà à rêver au bonheur que vous ressentirez une fois votre tâche accomplie. Détrompez vous, le tableau pourrait bien ne pas être aussi rose. Car perdre beaucoup de poids multiplie par deux le risque de se sentir triste, seul voire dépressif par rapport à quelqu’un qui n’aurait pas perdu de poids ou en aurait même pris, selon une étude de l’University College de Londres parue dans la revue scientifique Plos.

Pendant quatre ans, les chercheurs ont suivi près de 2.000 personnes en surpoids ou obèses. A la fin de cette période, 14% de l’échantillon avait perdu au moins 5% de leur masse corporelle, mais leur moral ne s’était pas amélioré, au contraire. Ceux qui avaient perdu du poids avaient 78% plus de chances de présenter des symptômes dépressifs que les autres.

Des personnes plus sensibles à la dépression ?

Pourtant, leur santé s’était améliorée : la pression sanguine s’était régulée, le taux de lipides dans le sang avait chuté. Mais cela n’avait pas suffi à les rendre plus heureux.

Parmi les explications possibles, le fait qu’un certain nombre de personnes qui ont perdu du poids en avaient peut-être pris précisément parce qu’ils étaient mal dans leur peau, et ont ressenti alors le besoin de maigrir pour la même raison. Ils seraient donc déjà initialement plus susceptibles d’être déprimés.

Effet déceptif

Mais perdre du poids est difficile et ces difficultés peuvent affecter le moral, du moins à court terme, selon les chercheurs. “Il ne s’agit surtout pas de décourager les gens à perdre du poids, car cela peut avoir des bénéfices physiques très importants. Mais les gens ne devraient pas s’attendre à voir soudain tous les aspects de leur vie s’améliorer”, commente Sarah Jackson, l’une des chercheuses de l’étude.

Conclusion des chercheurs qui ont mené l’étude : il vaut mieux prévenir que guérir. Et éviter un effet “déceptif” de la perte de poids, engendré par l’illusion publicitaire d’un idéal de beauté heureux, et le vocabulaire “guerrier” utilisé pour décrire la perte de poids. Comme s’il s’agissait là d’un “combat” dont on ressortirait “vainqueur”.

“Les publicités pour les produits minceur donnent une mauvaise idée de ce qu’ils pourront ressentir une fois cette perte de poids effectuée”, argumente Sarah Jackson. “Soyez conscient du fait que la perte de poids peut affecter votre moral et n’hésitez pas à demander de l’aide si vous en ressentez le besoin”, conclut la chercheuse.

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