L'étude santé du jour : prendre l'avion trop souvent nuit gravement à la santé

L'étude santé du jour : prendre l'avion trop souvent nuit gravement à la santé

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HYPERMOBILITÉ - Les personnes qui parcourent plusieurs dizaines de milliers de kilomètres par an en avion auraient un risque accru de développer une maladie cardio-vasculaires, rélève une étude.

Pour qui l'avion est devenu comme une deuxième maison, voilà une information pour le moins pénible à entendre. A en croire les conclusions d'une étude menée par des chercheurs des universités de Surrey (Royaume-Uni) et de Lund et de Linnaeus (Suède), parue récemment dans la revue Environment and Planning A, prendre l'avion trop souvent est mauvais pour la santé. "Le bon côté de l'hypemobilité est constamment glorifié dans le discours contemporain, mais ses côtés les plus sombres sont trop souvent ignorés, et même parfois cachés", estiment Scott A. Cohen et Stefan Gössling, les deux auteurs de l'étude. Même si les grands voyageurs sont souvent enviés en raison de leur mode de vie "glamour", il n'en reste pas moins qu'ils mettent en péril leur santé. Explications.

Méthodologie : compiler toute la littérature scientifique sur l'hypermobilité
Pour arriver à ce résultat, les deux scientifiques ont épluché toute la littérature scientifique existante concernant les effets de l'hypermobilité et les modes de vie des plus grands voyageurs. Ces derniers représentent un groupe relativement restreint, très majoritairement masculin, avec des revenus élevés et un bon accès aux soins. En France, moins de 5% de la population effectue chaque année près de la moitié de la distance totale parcourue pat l'ensemble des habitants.

Ce que l'étude a montré : des effets physiologique, psychologie et sur la vie sociale
D'après leurs analyses, le fait de voyager trop souvent a des effets physiologique, psychologique et sur la vie sociale des personnes. En premier lieu, le fameux "jet lag". Citant plusieurs à l'appui, les scientifiques expliquent que le décalage horaire peut causer de la fatigue et des troubles intestinaux . Mais aussi influencer les gènes liés au vieillissement et affaiblir le système immunitaire. Augmenter le risque d'accident vasculo-cérébral ou de crise cardiaque. Ou bien encore, provoquer des déficiences mentales, ainsi que des troubles de la mémoire.

Mais la liste ne s'arrête pas là. Le fait de voyager trop fréquemment augmenterait également le risque de thrombose veineuse profonde , un trouble de la circulation provoqué par la formation d’un caillot sanguin dans une veine profonde d’un membre, principale cause d’embolie pulmonaire. Ceux qui voyagent loin et souvent sont également exposés à des quantités élevées de radiations d’altitude. Une étude relève que les équipages des vols commerciaux sont plus exposés aux rayonnements que les employés d'une centrale nucléaire.

En outre, prendre l'avion trop souvent cause des troubles alimentaires importants, en raison du manque d'exercice et des mauvaises habitudes prises lorsque les voyageurs sont en transit. Sur le plan psychologique et émotionnel, celui induit du stress et de l'anxiété (préparation de la valise, embouteillage sur la route de l'aéroport, retard de vol, etc.). Cela peut également nuire aux relations avec la famille ou les amis, ce qui conduit à l'isolement de la personnes. De plus, le temps passé à la maison entre deux voyages est souvent consacré pour récupérer de la fatigue.

Ce que cela va changer : on a beau les envier, la santé n'a pas de prix
Prendre l'avion fréquemment est de plus en plus fréquent, et ses effets négatifs ont aujourd'hui un impact sur une part plus importante de la population, estiment les deux chercheurs, qui recommandent de limiter son usage chez les populations à risque. On a beau se dire qu'ils mènent une vie beaucoup plus glamour que la notre, mais en y regardant de plus près : on devrait plutôt les plaindre.

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