L'étude santé du jour : survie accrue après l'ablation des deux seins lors d'un cancer

L'étude santé du jour : survie accrue après l'ablation des deux seins lors d'un cancer

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SANTE - Une étude américaine publiée mercredi montre que, dans les cas d'un cancer du sein héréditaire, les chances de survie des femmes qui subissent l'ablation des deux seins sont supérieures à celles qui optent pour l'ablation d'un seul sein.

La double mastectomie en cas d'un cancer du sein d'origine familiale est un tabou pour certains, une réalité pour d'autres. Et l'ablation des deux seins après un premier cancer détecté précocement offre de bien meilleures chances de survie aux femmes concernées. Une étude menée par des chercheurs américains et canadiens, publiée mercredi dans la revue médicale britannique British Medical Journal (BMJ), montre en effet que 87 % des femmes traitées par une mastectomie bilatérale immédiatement après la détection d'un cancer du sein à un stade précoce étaient toujours en vie 20 ans après.

En revanche, seules 66 % des femmes qui ont choisi l'ablation simple ont survécu. Par ailleurs, les chercheurs notent que la majorité des femmes décédées avaient développé un deuxième cancer dans la deuxième décennie. Au vu d'un risque accru de récidive et de décès en cas d'un cancer d'origine familiale, une Américaine sur deux concernée choisit la double mastectomie préventive après le premier diagnostic, à l'image de l'actrice Angelina Jolie l'année dernière. La compagne de Brad Pitt n'avait toutefois pas été diagnostiquée lors de son opération, mais avait de fortes chances de contracter un cancer, comme sa mère et sa tante, toutes deux décédées.

En France "on a le devoir d'en parler"

Les chercheurs écrivent ainsi "qu'il est judicieux de proposer des mastectomies bilatérales comme traitement initial aux femmes ayant un cancer du sein à un stade précoce et qui sont porteuses des mutations BRCA1 et BRCA2 ". Qu'en est-il en France ? Pour le docteur Dominique Stoppa-Lyonnet, chef de département du service génétique à l'Institut Curie, il faut rester prudent : "On ne peut pas le conseiller, mais on a le devoir d'en parler", explique-t-elle à metronews. Toutefois, la spécialiste nuance son propos : "Ce n'est pas une recommandation car en termes de bénéfice risque, l'impact n'est pas si évident que ça", constate-t-elle. Elle précise toutefois que pour les femmes porteuses du gène BRCA1, la double ablation peut s'avérer préférable.

Les études sur la question de la double ablation sont ainsi étroitement liées avec la capacité à diagnostiquer de manière préventive les femmes concernées. On estime ainsi qu'une femme sur 1 000 sont porteuses en France sont porteuses d'un des deux gènes BRCA1 et BRCA2, également responsables du cancer des ovaires. A titre préventif, "seules 5 % des femmes concernées se résignent à faire ce geste", note le docteur Stoppe-Lyonnet. Elles sont beaucoup plus nombreuses à s'y résigner lorsqu'elles ont déjà eu un premier cancer, avec un potentiel de récidive sur l'autre sein. "Ça se comprend, explique la généticienne. Une fois qu'elles ont connu la lourdeur des traitements, elles ne veulent plus s'y confronter." Et d'insister sur la nécessité de discuter avec son spécialiste avant de prendre une décision, quelle qu'elle soit.

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