L'étude santé du jour : trop de pub chez les médecins, selon UFC-Que Choisir

L'étude santé du jour : trop de pub chez les médecins, selon UFC-Que Choisir

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SANTE - Selon une récente enquête de l'association de consommateurs UFC-Que Choisir, une grande majorité des dépliants disposés dans les salles d'attente des médecins généralistes sont en réalité de la publicité, et non de la documentation.

Margarine, eau minérale, liquide vaisselle… la publicité est prédominante, même dans les salles d'attente des généralistes. Telle est la conclusion de l'association de consommateurs UFC-Que Choisir qui publie les résultats d’une enquête de terrain. Selon la revue, 53 % des prospectus que l'on trouve chez le médecin sont édités par des entreprises à but lucratif, dont des laboratoires (20 %) et des industries alimentaires (13 %). Le reste est édité par des organismes publics (18 %) ou des associations.

Pour récolter ces informations, les bénévoles de l'UFC-Que Choisir se sont rendus dans 672 cabinets de médecins généralistes et ont emporté avec eux 3411 prospectus. "Nos enquêteurs ont relevé des dépliants dans pas moins de 59 % des cabinets médicaux visités, avec en moyenne 9 documents différents par cabinet. L’analyse de ces brochures souligne l’emprise des intérêts commerciaux dans la documentation à disposition des patients", explique l'association.

Un faux nez pour les industriels

Un quart des documents ferait la promotion directe d'un produit. L'offre est variée : audioprothèses, produits d'entretien, service d'aide à domicile, contact d'un sophrologue ou d'un conseiller conjugal. Mais l'association souligne surtout "l’apparence trompeuse de documents d’information sur la santé". Ainsi, 71 % des documents commerciaux masquent leur vocation publicitaire derrière une apparente mission d’information (par exemple sur le cholestérol pour une marque de margarine).

"Certains laboratoires trouvent là une possibilité de contourner l’interdiction de la publicité touchant les médicaments remboursables", précise l'UFC, qui pointe la responsabilité du médecin. Certains semblent avoir résolu le problème en refusant tout : dans quatre cabinets sur dix, il n'y avait pas de brochures. Devant cet inquiétant constat, l'association presse la ministre de la Santé Marisol Touraine d'interdire ces prospectus commerciaux, pour n'y maintenir que l'information des acteurs institutionnels.
 

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